mise à jour le 18 octobre 2007
Comment lutter de manière aspécifique contre les troubles de la
déglutition en pratique quotidienne gériatrique ?
L'installation du patient doit être confortable et l'ambiance doit être calme :
Le patient sera assis au fauteuil, tronc vertical, tête dans l'alignement du tronc, cou légèrement fléchi, menton rentré, hanches fléchies à 100°, genoux
fléchis à 105°, chevilles faisant 90° d'angle avec les pieds qui reposeront sur le sol ou sur les cales pieds du fauteuil roulant.
La posture, les stimulations, les manœuvres facilitantes, les quantités du bolus, les textures des aliments, le nombre, les horaires des repas à adopter seront déterminés éventuellement en coordination avec le médecin et/ou les diététiciennes.
Le soignant est assis, garde un contact visuel avec le résident, prend son temps (attitude d’autant plus difficile que le personnel est temporairement ou en permanence à effectif réduit).
Penser à utiliser les aides techniques qui permettent au patient d'amener lui-même et sans risque l'aliment à la bouche.
Si le malade est fatigué, ne commencer le repas qu'après un repos de 30' environ.
S'assurer que la bouche est propre, éventuellement la nettoyer, mettre en place les prothèses dentaires.
On commence l'alimentation par de petites quantités (le volume et la texture sont définies préalablement). Les liquides et les solides sont administrés séparément.
La cuiller ou la seringue sont placées au centre de la langue ou dans la zone la plus sensible, lui demander de maintenir la bouche fermée, utiliser les stimulations et postures adéquates préalablement prescrites. Les différences de température entre les aliments et la cavité bucco-pharyngée permettraient de diminuer le risque de fausses routes par meilleure perception du bol alimentaire lors de la déglutition.
S'assurer que le volume choisi est bien toléré : une cuillère à café contient une quantité maximale d’eau gélifiée pour les situations particulièrement à risque de fausses routes.
Surveiller l'élévation du larynx, inspecter régulièrement la bouche, vérifier l'absence de résidus, encourager une deuxième déglutition, demander au patient de faire "AH" pour noter les modifications de la voix.
Une pause (5 secondes) est nécessaire entre 2 bouchées, nettoyer la bouche de nouveau si cela est nécessaire.
Après le repas ne pas coucher le patient trop tôt pour éviter le reflux gastro-œsophagien : attendre environ une heure.
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Bernard Pradines