Dernière mise à jour le 6 mai 2013
Les éléments les plus récents apparaissent en premier dans la liste ci-dessous :
Eric Douriez
"Une expérience ne fait pas une vérité.
Prescrire du tétrazépam en systématique ne correspond à aucune recommandation."
Blandine de la Gastine
Pour les benzodiazépines, elles ont toutes des propriétés myorelaxantes (entre
autres), donc cela ne me choque pas que l'on ait découvert que l'une d'entre
elles donne davantage de risque d'allergie. L'important est de ne pas le
méconnaitre tant qu'elle est commercialisée. Si jamais elle est retirée du
marché, il faudra changer d'habitude de prescription en choisissant une
autre benzodiazépine (les méthodes non médicamenteuses étant proposées à titre
complémentaire, il me semble).
Source : Katan M, Moon
YP, Paik MC, Sacco RL, Wright CB, Elkind MS. Infectious burden and cognitive
function: The Northern Manhattan Study. Neurology. 2013 Mar 26;80(13):1209-15.
"Rhumatologue
de formation, je prescris du tétrazépam à la dose d’un comprimé de 50 mg au
coucher à plusieurs patients chaque jour depuis plus de 30 ans et je n'ai jamais
observé d'effet indésirable cutané.
L'ANSM rapporte dans son article
« qu’il existe des alternatives thérapeutiques
au tétrazépam dont des prises en charge non
médicamenteuses »!
Je voudrais bien qu'elle les détaille et en combien de temps l'action de ces
dernières et avec quelle durée !
Il faut arrêter de jeter le discrédit sur
les médicaments, cela sème la panique chez les patients qui discutent en
permanence nos prescriptions comme si la balance bénéfices-risques n'était pas à
la base de toutes nos prescriptions
J'examine les patients en rhumatologie
après l'ostéopathe, l'étiopathe et j'en passe.
Désolée mais c'est le
quotidien."
Cette dernière hypothèse semble corroborée par Lopez-Olivo
(Lopez-Olivo et al, 2012) qui retrouve une
amélioration significative de la douleur liée aux métastases des cancers du
poumon lors de l'ajout d'un biphosphonate à la thérapie classique (RR 1.18, IC
à 95 % : 1.0-1.4).
Source : Lopez-Olivo MA, Shah NA, Pratt G, Risser JM,
Symanski E, Suarez-Almazor ME. Bisphosphonates in the treatment of patients with lung
cancer and metastatic bone disease: a systematic review and meta-analysis.
Support Care Cancer. 2012. Nov;20(11):2985-98.
Source
: Jaturapatporn D, Isaac MG, McCleery J, Tabet N. Aspirin, steroidal and non-steroidal anti-inflammatory drugs for the treatment of Alzheimer's disease.Cochrane Database Syst Rev. 2012 Feb 15;2
Selon
l’Institut de Médecine des USA en 2011, la plainte algique féminine douloureuse
est plus souvent négligée. Les douleurs seraient plus aisément qualifiées
d’émotionnelles, psychogéniques et donc “non réelles”.
En
situation d’urgence, les femmes souffrant d’une douleur abdominale recevraient
moins d’opioïdes après un délai plus long.
http://www.nytimes.com/2013/03/17/opinion/sunday/women-and-the-treatment-of-pain.html
Selon le guide de des 4 000
médicaments publié en septembre 2012 par Even et Debré (Even et Debré, 2012), seules les présentations
de tramadol commercialisées sous les noms de TOPALGIC*, MONOALGIC* et IXPRIM*
mériteraient d’être maintenues sur le marché, les autres n’étant que des « quai-copies ou copies inutiles ».
De manière assez surprenante pour un ouvrage aussi critique, le risque ce cette
substance est jugé « mineur » (R1) pour
une bonne efficacité (E3) pour les deux premières présentations. A noter : E2
(grande efficacité) et R2 (risque modéré) pour
IXPRIM*.
Parmi
les substances contenant la codéine, seul le CODENFAN* est cité comme
indispensable avec une bonne efficacité (E2) et un risque mineur (R1) ; d’après
THERIAQUE consulté le 9 mars 2013, la substance active du CODENFAN* est
CODEINE PHOSPHATE HEMIHYDRATE 1 mg / ml exprimé(e) en codéine base avec une présentation exclusive en
sirop.
Au palier 3, sont considérés comme molécules ou spécialités
indispensables le MOSCONTIN* (E2) avec toutefois un risque jugé important (R3).
Le même profil est retrouvé pour l’OXYCONTIN* et le DUROGESIC*. Quant à
l’ORAMORPH* et au SKENAN*, ils mériteraient d’être retirés du marché aux dires
des auteurs.
Le néfopam n’est pas évoqué.
Commentaires de l’auteur du site : si cet ouvrage mérite d’être
connu du fait de l’indiscutable nécessité de mettre de l’ordre dans la
prescription médicamenteuse française, les pages dédiées aux antalgiques
décevront partiellement le médecin et l’infirmier(e) soucieux de soulager les
douleurs par excès de nociception de leurs patients.
Source : Even et Debré, Guide des 4 000 médicaments utiles,
inutiles ou dangereux. Ed Cherche Midi, septembre
2012.
En cas de surdosage en paracétamol, Brok
(Brok et al, 2006) recommande d'utiliser la N-acétylcystéine et le charbon
activé qui seraient les mesures les plus efficaces. La transplantation hépatique
représente bien sûr l'ultime recours.
Source :
Brok J, Buckley N, Gluud C. Interventions for paracetamol (acetaminophen) overdose.
Cochrane Database Syst Rev. 2006 Apr
19;(2):CD003328. Review.
Pour Garcia Rodriguez faisant état d’une étude menée au Royaume-Uni de 1993 à 1998, le risque d’hémorragies digestives hautes et de perforations serait accru pour des doses quotidiennes de paracétamol supérieures à 2000 mg (Garcia Rodriguez et al. 2001). Cet auteur recommande de recourir à une monothérapie à la moindre dose possible lors de l'utilisation du paracétamol et des antiiflammatoires, qu'il soient stéroïdiens ou non. González-Pérez (González-Pérez et al, 2006) retrouve une corrélation positive nulle ou faible qui empêche de conclure quant à la responsabilité du paracétamol aux doses habituelles.
Sources :Garcia Rodriguez LA, Hernandez-Diaz S. The risk of upper gastrointestinal complications associated with nonsteroidal anti-inflammatory drugs, glucocorticoids, acetaminophen, and combinations of these agents. Arthritis Res. 2001;3(2):98-101. Epub 2000 Dec 15. Review.
González-Pérez A, Rodríguez LA. Upper gastrointestinal complications among users of paracetamol. Basic Clin Pharmacol Toxicol. 2006 Mar;98(3):297-303. le 5 mars 2013.Mise en ligne de l'annonce du "café mémoire Alzheimer" d'Albi le 16 mars 2013
Source : Annequin
D. Morphiniques en tête d’affiche. Tribune Libre. La Revue du Praticien
Médecine Générale, n°826, 29 septembre 2009, p 506.
Daniel Annequin
est :
Porte parole du Collectif pour un Nouveau Trousseau http://nouveautrousseau.blogspot.com/
Responsable du Centre de la migraine de
l'enfant et de l'unité Douleur
Hopital d'enfants Armand Trousseau 75012 Paris
Tout savoir sur la douleur de l'enfant www.pediadol.org
Tout savoir sur la migraine de l'enfant www.migraine-enfant.org
Tout savoir sur la douleur provoquée par
les soins www.cnrd.fr
Remarque personnelle (B. Pradines) : bien des effets secondaires des médicaments psychotropes, incluant les antalgiques à partir du palier 2 et les médicaments à visée neuropathique sont d'autant mieux tolérés que la posologie initiale et l'augmentation des doses sont faibles.
Ainsi, on se retrouve souvent contraint par deux impératifs : soulager rapidement et débuter faiblement.
Dans mon expérience, la deuxième attitude est le plus souvent préférable au cours des douleurs chroniques. D'une part, le médicament sera facilement refusé par le patient s'il produit des effets secondaires. D'autre part, l'effet placebo est rarement absent de l'action des antalgiques.
Pour Blandine De la Gastine, gériatre qui s’inspire de l’expérience du centre anti-douleur du CHU de Caen, la mauvaise impression clinique produite par le tramadol est en lien avec de mauvaises habitudes de prescriptions, à savoir l'utilisation de posologies trop fortes d'emblée pour les patients âgés.
Pour
Blandine De la Gastine, gériatre qui s’inspire de l’expérience du centre
anti-douleur du CHU de Caen, la mauvaise impression clinique produite par le
tramadol est en lien avec de mauvaises habitudes de prescriptions, à savoir
l'utilisation de posologies trop fortes d'emblée pour les patients
âgés.
Son
expérience est plutôt positive car elle effectue une titration au moyen de
tramadol en gouttes (forme pédiatrique, 2,5 mg par goutte) qui permet de
commencer à des posologies plus raisonnables comme 6 gouttes toutes les 6
heures, soit 15 mg x 4 fois / 24h.
On
peut ainsi augmenter progressivement les doses si le patient n'est pas
suffisamment soulagé.
Elle
a rencontré très peu (voire pas) d'effet indésirable à ces
posologies.
Autre
explication de la difficulté de manier le tramadol : sa dépendance au CYP2D6,
puisque les métaboliseurs lents (5 à 10% des caucasiens) ne transforment pas le
tramadol en O-déméthyl tramadol qui est 2 à 4 fois plus puissant pour l'effet
opiacé. Il est aussi prouvé que les médicaments inhibiteurs puissants du CYP2D6
comme le DEROXAT* (paroxétine), le PROZAC* (fluoxétine), certains neuroleptiques
(halopéridol, rispéridone, lévomépromazine, chlorpromazine), bétabloquants,
amiodarone, ... entravent l'effet antalgique du tramadol (article relatif à la
paroxétine : Laugesen et al, 2005).
Pour
cette collègue, l'utilisation du tramadol à une posologie d'emblée trop
importante est une erreur et prive les patients de ce médicament intéressant par
son effet mixte sur les douleurs nociceptives et
neuropathiques.
Source
: Laugesen
S, Enggaard TP, Pedersen RS, Sindrup SH, Brøsen K. Paroxetine,
a
Le clonazépam (RIVOTRIL*) est une benzodiazépine rapidement efficace, dont la seule indication demeure l'épilepsie, mais dont les effets secondaires chez la personne âgée peuvent limiter l'intérêt. Wary (Wary, 2007, 8èmes Rencontres de gérontologie Pratique, Paris, 18 janvier 2007) estime que cette substance est inefficace sur les douleurs neuropathiques. C'est aussi l'avis de l'AFSSAPS (devenue ANSM le 1er mai 2012) qui stipule en novembre 2011 que "le rapport bénéfice/risque du clonazépam n'est établi ni dans le traitement de la douleur, ni dans les indications habituelles des autres benzodiazépines, notamment l’anxiété et les troubles du sommeil".
Selon une étude de Nordmann (Nordmann et al, 2013), les abus d’opioïdes varieraient selon trois régions françaises étudiées en 2008. La méthodologie consistait à comparer les prescriptions liées au nomadisme médical à partir des données de l’Assurance Maladie.
Les trois régions étaient : Provence-Alpes-Côte d’Azur-Corse
(PACA), Rhône-Alpes (RA) et Midi-Pyrénées
(MP).
La quantité d’opioïdes obtenue par nomadisme était double en PACA
par rapport à RA et MP. Des éléments indiquent une préférence pour l’oxycodone
(en France : OXYCONTIN LP, OXYNORM et
OXYNORMORO) en MP et pour la dihydrocodéine (en France : DICODIN LP 60MG CPR) en
MP et RA.
Source : Nordmann S, Pradel V, Lapeyre-Mestre M, Frauger E, Pauly V, Thirion X, Mallaret M, Jouanjus E, Micallef J. Doctor shopping reveals geographical variations in opioid abuse. Pain Physician. 2013 Jan;16(1):89-100.
La mémantine ne semble pas avoir
d’action sur l’agitation des patients atteints de maladie d’Alzheimer aux
stades modéré à sévère (Fox et al, 2012).
Ceci rejoint les recommandations
de l’HAS de mai 2009 : « Les données actuelles de la littérature ne
permettent pas de recommander les traitements spécifiques de la maladie
d’Alzheimer (inhibiteurs de la cholinestérase, mémantine) dans la prévention et le traitement des symptômes psychotiques
et des comportements perturbateurs. »
De plus elle semble aussi
dépourvue d’action sur la douleur neuropathique malgré son action de blocage
des récepteurs NMDA. Collins (Collins et al, 2010) indique qu’aucune conclusion
ne peut être tirée de sa métaanalyse concernant l'efficacité des antagonistes
des récepteurs NMDA sur la douleur neuropathique. Ceci infirmerait l’enthousiasme de Hackworth
(Hackworth et al, 2008) dont j’ai déjà fait état sur mon site à la rubrique :
http://geriatrie-albi.com/Douleurtraitements.htm
Sources :
Fox
C, Crugel M, Maidment I, Auestad BH, Coulton S, Treloar A, Ballard C, Boustani
M, Katona C, Livingston G. Efficacy of memantine for agitation in Alzheimer's
dementia: a randomised double-blind placebo controlled trial. PLoS One. 2012;7(5)
Collins S, Sigtermans MJ, Dahan
A, Zuurmond WW, Perez RS. NMDA receptor antagonists for the
treatment of neuropathic pain. Pain
Med. 2010 Nov;11(11):1726-42.
Hackworth
RJ, Tokarz KA, Fowler IM, Wallace SC, Stedje-Larsen ET. Profound pain reduction
after induction of memantine treatment in two patients with severe phantom limb
pain. Anesth Analg. 2008 Oct;107(4):1377-9.
Sans
surprise, selon Morasco (Morasco et al, 2013) il existe une corrélation positive
entre l'intensité de la douleur chronique et une corrélation négative pour la
qualité de vie d'une part et un état de stress post-traumatique d'autre part.
En
clair, la recherche d'un ESPT, souvent peu systématique, est d'importance en
particulier en cas de douleur chronique.
Source
:
Morasco
BJ, Lovejoy TI, Lu M, Turk DC, Lewis L, Dobscha SK. The
relationship
between
PTSD and chronic pain: mediating role of coping strategies
and
depression.
Pain. 2013 Jan 11.
Autre
publication peu étonnante : selon Barreveld (Barreveld et al, 2013) la pratique
de l'anesthésie loco-régionale (ALR) diminue la douleur post-opératoire et la
consommation d'analgésiques dans cette période.
N.B.
L’ALR, combinée à l’anesthésie générale ou isolée interrompt les voies de la
douleur au moment de l’agression chirurgicale. L’anesthésie générale seule ne
peut pas atteindre cet objectif, les analgésiques opioïdes étant seulement
modulateurs.
Source : Barreveld A, Witte J, Chahal H, Durieux ME, Strichartz G.
Preventive Analgesia by Local Anesthetics: The Reduction of Postoperative Pain
by Peripheral Nerve Blocks and Intravenous Drugs. Anesth
Analg. 2013 Feb 13.
Les comprimés non écrasables à visée potentiellement antalgique
éventuellement utilisés en gériatrie :
ACTONEL*
ARAVA*
CARBAMAZEPINE LP
*
CONTRAMAL
LP *
MOSCONTIN *
OXYCONTIN LP *
TEGRETOL LP *
ROWASA *
SALAZOPYRINE *
VOLTARENE *
N.B. Se reporter à la publication de Fodil et al. pour une vision plus exhaustive incluant par
exemple des antiépileptiques.
Source : Fodil M, Filette
A, Trivalle C. Considérations portant sur l’écrasement des comprimés en
gériatrie. Neurologie - Psychiatrie - Gériatrie (2013) 13,
35—40
" L’enquête de pharmacovigilance a confirmé la prédominance des
effets indésirables psychiatriques, notamment confusion mentale ou hallucinations,
neurologiques, dont vertiges, somnolence et convulsions, et gastro-intestinaux,
essentiellement des nausées et vomissements. Elle a également mis en évidence
des effets moins connus comme le risque d’hypoglycémie ou le risque
d’hyponatrémie qui vont faire l’objet d’un ajout dans le RCP."
Source :
Source : http://tinyurl.com/axpenw3
−
le célécoxib (Celebrex®), l’étoricoxib (Arcoxia®) et le parécoxib
(Dynastat®)
−
la floctafénine (Idarac®),
−
le kétoprofène en gel (Ketum® gel ou autre)
−
le néfopam (Acupan® ou autre),
−
le nimésulide (Nexen® ou autre),
−
le piroxicam (Feldène® ou autre).
-
la duloxétine (Cymbalta®)
−
la venlafaxine (Effexor® LP ou autre)
On
pourra aussi se reporter à :
avec une attention particulière sur ce qui se vit dans les USLD en France et sur la manière d'accompagner la fin de vie dans ces établissements de soin.
Vous exprimer :
Faire partie du comité de lecture :
*NB
Le Signe de Lhermitte est
une sensation de décharge électrique parcourant le rachis, provoquée par la
flexion du cou.
Source : Foley
PL, Vesterinen HM, Laird BJ, Sena ES, Colvin LA, Chandran S, Macleod MR, Fallon
MT. Prevalence and natural history of pain in adults with multiple sclerosis: Systematic
review and meta-analysis. Pain. 2012 Dec 14.
Encore une étude attestant
de la moindre utilisation des antalgiques en présence de troubles cognitifs sévères
en institution d’hébergement et de soins. Ainsi, Kimberly (Kimberly et al,
2008) constate que 80 % des résidents sans trouble cognitif recevaient un antalgique
vs 56 % pour ceux souffrant de troubles cognitifs sévères. Il en était de même
pour les mesures non-médicamenteuses (10 % vs 4,9 %). Pourtant, la présence de pathologies
susceptibles de causer une douleur ne variait pas avec le statut cognitif des
résidents.
Commentaires personnels. De
nombreuses raisons peuvent être évoquées pour expliquer cette situation bien
établie dans les études : physiopathologie de la douleur encore largement méconnue
ou inconnue chez la personne âgée et chez le sujet dément, moindre expression
de la douleur, difficulté à reconnaître les signes et symptômes de la douleur
parfois masquée par des troubles du comportement ou les provoquant, plus grande
sensibilité cérébrale aux médicaments, utilisation simultanée de psychotropes, polymédication,
crainte de l’utilisation des antalgiques opiacés chez des personnes atteintes
de troubles cognitifs quant à l’évaluation de l’efficacité et des effets
secondaires, plus grande difficulté de mise en œuvre des mesures non médicamenteuses…
Ici, la formation des intervenants, quelle que soit leur qualification, jouera
un rôle déterminant dans la détection et le traitement de la douleur. Sans oublier
une anamnèse interdisciplinaire très poussée à la recherche de tous les
diagnostics à potentiel algique.
Source : Kimberly S.
Reynolds, PhD, MPA, Laura C. Hanson, MD, MPH, Robert F. DeVellis, PhD, Martha
Henderson, MSN, DrMin, and Karen E. Steinhauser, PhD. Disparities in Pain
Management Between Cognitively Intact and Cognitively Impaired Nursing Home
Residents. Journal of Pain and Symptom Management Vol. 35 No. 4 April 2008.
Publication complète :
http://download.journals.elsevierhealth.com/pdfs/journals/0885-3924/PIIS088539240800002X.pdf
Benedetti
(Benedetti et al, 2012) publient une intéressante étude laissant entrevoir le
rôle des systèmes opioïdes et cannabinoïdes dans la tolérance à la douleur. Deux groupes de
volontaires ont été soumis à un test d’ischémie du membre supérieur et devaient
tolérer la douleur aussi longtemps que possible. Le premier groupe n’a pas reçu
d’information particulière. Le deuxième fut « informé » que l’ischémie est
favorable pour les muscles en soulignant ainsi le caractère bénéfique du test.
Les auteurs ont mis en évidence une tolérance significativement plus élevée dans le deuxième groupe que dans le premier. Cette différence était abolie par l’administration d’antagonistes des opioïdes et des cannabinoïdes.
Le
renforcement du caractère positif de certaines situations (guérison
postopératoire par exemple) pourrait ainsi contribuer au soulagement de la
douleur.
Source :
Benedetti F, Thoen W, Blanchard C, Vighetti S, Arduino C. Pain as a reward:
Changing the meaning of pain from negative to positive co-activates opioid and
cannabinoid systems. Pain. 2012 Nov 21.
En France, c’est le Doloplus avec un seuil à 5 et l’Algoplus avec un seuil à 2 qui sont les plus utilisés.
Commentaires de l’auteur de ce site: les outils cités ci-dessus sont
utiles et méritent d’être davantage répandus. Toutefois, ils demeurent peu
adaptés à une décision thérapeutique qualitative et quantitative. A mon avis,
seule une discussion interdisciplinaire peut permettre d'échafauder une
hypothèse diagnostique et surtout d'initier un traitement adéquat en fonction de
la pathologie et du terrain.
Sources:
Zwakhalen SM, van der Steen JT, Najim MD. Which score most
likely represents pain on the observational PAINAD pain scale for patients with
dementia? J Am Med Dir Assoc. 2012 May;13(4):384-9.
Warden V, Hurley AC, Volicer L. Development and psychometric evaluation of the Pain Assessment in Advanced Dementia (PAINAD) scale. J Am Med Dir Assoc. 2003 Jan-Feb;4(1):9-15.
L’échelle PAINAD traduite par l’auteur de ce site : http://geriatrie-albi.com/PAINADfr.htm
Site de Doloplus et Algoplus : http://www.doloplus.com/
En janvier 2012, Young (Young et al, 2012) publie une revue de la
littérature relative à la variabilité génétique dans le domaine de la douleur.
Bien que cette discipline soit, comme le souligne l’auteur, dans son
« enfance », il est désormais acquis que nous ne sommes pas génétiquement égaux devant la
douleur.
Enfonçant le clou, Mamie (Mamie et al, 2012) publie en décembre 2012 une étude menée chez l’enfant : douleur en phase post-opératoire et profil génétique y sont analysés et comparés. Certains profils sont aggravants, d’autres sont protecteurs.
Commentaires personnels : à ma connaissance, aucune étude de ce
genre n'a encore été menée chez la personne âgée. Toutefois, sauf modifications
épigénétiques, l'inégalité constatée dans l'enfance n'aurait aucune raison
d'avoir disparu.
Young EE,
Lariviere WR, Belfer I. Genetic basis of pain variability: recent advances.
J Med Genet. 2012 Jan;49(1):1-9. doi: 10.1136/jmedgenet-2011-100386. Epub
2011 Nov 5. Review.
Mamie C, Rebsamen MC, Morris MA, Morabia A. First Evidence of a
Polygenic Susceptibility to Pain in a Pediatric Cohort. Anesth Analg. 2012 Dec
7.
Selon Rollason
(Rollason et al, 2009), l’observance explique à elle seule au moins 50 % de la
variabilité de la réponse au traitement de la douleur. Toutefois, cet auteur
souligne que des facteurs individuels génétiques contribuent aussi à la
variabilité interindividuelle de la réponse aux analgésiques. Des transporteurs
membranaires, des enzymes dépendant ou non du cytochrome P450 ainsi que des
variations des récepteurs seraient à l’origine de ces modifications complexes
encore peu connues.
Commentaire de
l’auteur de ce site : après les données pharmacocinétiques déjà connues, voici
encore un plaidoyer pour une approche empirique des posologies nécessaires et
non toxiques des analgésiques chez la personne âgée.
Source : Rollason
V, Samer C, Daali Y, Piguet V, Dayer P, Desmeules J. Pharmacogénétique des
analgésiques in Douleurs : physiologie, physiopathologie et pharmacologie. Arnette
2009, pp 291-315.
Outre les
publications relatives au polymorphisme du CYP2D6 intéressant le tramadol, la
codéine et l’oxycodone, voir aussi la publication norvégienne avec résumé en
anglais sur Medline :
Klepstad P, Dale O, Borchgrevink PC, Kaasa S, Skorpen F. Tidsskr Nor Laegeforen. Genetisk variasjon – viktig for klinisk virkning av opioider? 2005 Oct 6;125(19):2655-8.
Par
ailleurs, la douleur était une des causes liées à une prescription « excessive » (> ou = à 10
médicaments, RR 2.31; IC à 95% : 1.80-2.97).
Sources
:
Onder G, Carpenter I, Finne-Soveri H, Gindin J, Frijters D, Henrard
JC, Nikolaus T, Topinkova E, Tosato M, Liperoti R, Landi F, Bernabei R; SHELTER
project. Assessment
of nursing home residents in Europe: the Services and Health for Elderly in Long
TERm care (SHELTER) study. BMC Health Serv Res. 2012 Jan
9;12:5.
Onder G, Liperoti R, Fialova D, Topinkova E, Tosato M, Danese P,
Gallo PF, Carpenter I, Finne Soveri H, Gindin J, Bernabei R, Landi F; SHELTER
Project. Polypharmacy in nursing home in Europe: results from the SHELTER study.
J Gerontol A Biol Sci Med Sci. 2012 Jun;67(6):698-704.
Pour Phillips
(Phillips et al, 2011), les mécanismes sous-jacents aux douleurs chroniques sont
différents de ceux qui président aux douleurs aigues. Le système nerveux central
semble jouer un rôle prédominant lors des douleurs chroniques observées par
exemple au cours de la fibromyalgie, du syndrome de l’intestin irritable ou de
la cystite interstitielle.
Une avenue
commune pourrait concerner ces douleurs : un état d’hyperalgésie diffuse pouvant
être mis en évidence par des tests sensoriels expérimentaux et corroborés par la
neuroimagerie. Les caractéristiques de ces douleurs centrales incluent une
douleur multifocale, de la fatigue, de l’insomnie, des altérations mnésiques et
un grand pourcentage de troubles de l’humeur. Contrairement aux douleurs aigues
et « périphériques » qui répondent aux AINS et aux opioïdes, ces douleurs sont
au mieux soulagées par des inhibiteurs
de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline ainsi que par des
anticonvulsivants.
Pour Grodman
(Grodman et al, 2011), la sensibilisation centrale observée dans la fibromyalgie
impliquerait une activité nerveuse spontanée, des champs récepteurs accrus et
une réponse augmentée aux stimuli au niveau médullaire. Cette voie concernerait
le récepteur NMDA qui pourrait être mis en cause dans la sommation temporelle
des stimuli douloureux.
Sources :
Phillips K, Clauw DJ. Central pain mechanisms in chronic pain
states--maybe it is all in their head. Best Pract Res Clin Rheumatol. 2011
Apr;25(2):141-54. Review.
Grodman I, Buskila D, Arnson Y, Altaman A, Amital D, Amital H.
Understanding fibromyalgia and its resultant disability. Isr Med Assoc J. 2011.
Dec;13(12):769-72.
Annonce de la XIIème édition du CIMG à Toulouse les 7 et 8 novembre 2012.
Toujours pas de recommandation positive du conseil supérieur d’hygiène publique de France quant à la vaccination contre le zona.
Voir documents ci-joints : guide des vaccinations en 2012 (INPES) et publication canadienne de Schapiro en 2011 sur le thème.
Dans une moindre mesure, il existe aussi une corrélation entre douleurs diffuses et antécédent de travail tout au long de la vie (OR 1,55, intervalle de confiance à 95 % : 1,04-2,31).
Question de définition :
Dans la littérature, la douleur post-opératoire est
récemment considérée comme chronique pour une durée supérieure à deux mois
(Grosu et al. 2011, Clarke et al. 2012).
Sources :
Grosu I, de Kock M. New concepts in acute pain management: strategies
to prevent chronic postsurgical pain, opioid-induced hyperalgesia, and
outcome
Clarke H, Bonin RP, Orser BA, Englesakis M, Wijeysundera DN, Katz J.
The
Dans un article paru dans Medscape* relatant une session du
congrès de 2012 de la société médicale européenne d’oncologie, Ripamonti
rapporte que 64 % des patients cancéreux métastatiques ou en phase terminale présentent des douleurs. Il en est ainsi de 59
% des patients sous traitement anticancéreux et de 33 % après traitement
curatif.
Toutefois, la lutte contre les stupéfiants et leur trafic
créent des barrières qui privent les patients de nombreux pays émergeants du
recours aux opioïdes. Ainsi, Cleary
relève une consommation moyenne de 6 mg de morphine par personne et par an aux
USA et au Canada. Par contre, elle est de 0,095 mg en Inde alors que ce pays
est le plus grand producteur dans le monde.
Cleary cite l’exemple d’un ancien général ukrainien
souffrant d’un cancer prostatique au stade IV. Le patient s’est éloigné de sa famille
pour lui épargner son agonie douloureuse. Pour lutter contre la douleur, le
patient boit une bouteille d’alcool par jour et dort avec un revolver chargé
sous son oreiller dans la perspective d’une trop forte douleur.
Commentaire de l’auteur de ce site : je fus confronté à
cette difficulté en Algérie en 1977, au Liban en 1981 et au Mali en 1991.
Source. 2012
European Society for Medical Oncology (ESMO) Congress : Abstract 1707_PR. presented
September 29, in Medscape : 2012. http://www.medscape.com/viewarticle/772393
nécessitant une inscription.
Modalités
d'application : http://tinyurl.com/9rymeq2
Mise en ligne de la présentation auprès de la LDH à Gaillac le 15 septembre 2012.
L’utilisation d’analgésiques était déjà connue comme facteur
de risque de perte auditive chez l’homme.
Les auteurs (Curhan et al, 2012) ont étudié de manière prospective ce qu’il en est chez la
femme. La relation entre la fréquence de prise d’aspirine, d’ibuprofène et de paracétamol
a été observée chez 62 261 femmes âgées de 31 à 48 ans au départ de l’étude
en 1995. Ces femmes ont été suivies jusqu’en 2009. Dans cette publication, l’ibuprofène
et le paracétamol sont des facteurs indépendants de perte auditive mais non l’aspirine.
Pour l’ibuprofène : le risque relatif par rapport à une
seule prise ou moins par semaine est de 1,13 (IC à 95 % : 1,06-1,19) si l’utilisation
est de 2 à 3 jours par semaine jusqu’à 1,24
(IC à 95 % : 1,14-1,35) pour une prise supérieure à 6 fois par
semaine.
Pour le paracétamol : le risque relatif est de 1,13 (IC
à 95 % : 1,06-1,19) à 1,08 (IC à 95 % : 0,95-1,22).
Remarque de l’auteur de
ce site : aucun médicament n’est anodin. La révision régulière des
ordonnances et prescriptions est une nécessité. Plus de 50 % des adultes
américains souffrent de troubles de l’audition lorsqu’ils atteignent l’âge de
60 ans. Chez les plus de 70 ans, 63 % souffrent d’un trouble qui obère l’audition
des fréquences utiles pour comprendre la voix humaine.
Sources :
Curhan SG, Shargorodsky J, Eavey R, Curhan GC. Analgesic Use
and the Risk of Hearing Loss in Women. Am J Epidemiol. 2012 Aug 29.
Lin FR, Thorpe R, Gordon-Salant S, Ferrucci L. Hearing loss
prevalence and risk factors among older adults in the United States. J Gerontol
A Biol Sci Med Sci. 2011 May;66(5):582-90.
Son objectif est de procurer aux médecins de famille un guide
spécifique de prescription à partir des recommandations canadiennes relatives à
l’utilisation des opioïdes dans les douleurs chroniques non-cancéreuses.
Ø
Mettre en garde les patients et leurs aidants afin
qu’ils recourent à une aide médicale urgente si l’un des signes suivants survient : sédation,
somnolence, instabilité émotionnelle, parole lente ou dysarthrie.
Ø
Rechercher des signes de sédation dès les
premières prises auprès des patients et de leurs familles.
Ø
Surveiller la fonction rénale, en particulier avec
la morphine.
Ø
Eviter les opioïdes chez des personnes vivant seules
et souffrant de troubles cognitifs (sauf si la prise des médicaments est supervisée
par une tierce personne).
Ø
La dose initiale ne doit pas être supérieure à
50 % de la dose utilisée chez l’adulte.
Ø
Préférer l’oxycodone et l’hydromorphone plutôt que
la morphine (car moins sédatives).
Ø
Arrêt progressif des benzodiazépines.
Ø
Mettre en garde contre les effets de la consommation
d’alcool.
Source : Kahan M, Wilson L, Mailis-Gagnon A, Srivastava
A; National Opioid Use Guideline Group. Canadian guideline for safe and
effective use of opioids for chronic noncancer pain: clinical summary for
family physicians. Part 2: special populations. Can Fam Physician. 2011
Nov;57(11):1269-76
L’exercice physique sous des formes variées renforcerait la force musculaire et l’équilibre chez les personnes âgées. Ainsi, une réduction de l'occurrence des chutes est attendue et obtenue dans l’étude de Taylor (Taylor et al, 2012) dont fait état le JIM du 4 juillet 2012. Toutefois, le principal effet délétère rapporté était la douleur, bien que peu fréquente.
Source : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1532-5415.2012.03928.x/full
Taylor D, Hale L, Schluter P, Waters DL, Binns EE, McCracken H,
McPherson K, Wolf SL. Effectiveness of tai chi as a community-based falls
prevention intervention: a randomized controlled trial. J Am Geriatr Soc.
2012
N.B. Bien
que pratiquée en population générale, cette étude est intéressante pour le gériatre car elle semble dédouaner
partiellement les troubles affectifs si fréquents chez les personnes
âgées.
Source : Sheridan D, Foo I, O'Shea H, Gillanders D, Williams L,
Fallon M, Colvin L. Long-Term Follow-Up of Pain and Emotional Characteristics of
Women After Surgery for Breast Cancer. J
Pain Symptom Manage. 2012 Jun 26.
Bien
que ne concernant pas spécifiquement les
personnes âgées, je souhaite vous faire part d’une publication de juillet
2012 sur une expérience exemplaire combinant approche multimodale et
pluridisciplinaire, ainsi qu’implication du patient dans l’évaluation et le
traitement.
Initiée
dans une unité chirurgicale, cette démarche infirmière peut être un guide des
actions à entreprendre.
Source :
Martin L, Kelly MJ, Roosa K. Multidisciplinary approach to improving pain
management. Crit Care Nurs Q. 2012 Jul;35(3):268-71.
Une
énième étude "confirme" que l'hospitalisation des patients souffrant de maladie
d’Alzheimer fait courir un risque de confusion et peut aussi avoir des
conséquences telles qu'un déclin cognitif accru, l'institutionnalisation et la
mort. Ces derniers effets néfastes sont plus fréquents si le patient présente un
état confusionnel en cours d’hospitalisation, état survenant chez plus de la
moitié des patients hospitalisés. D’où les propositions des auteurs (Fong et al,
2012) pour limiter tous les facteurs liés à la genèse de cet état : présence des
personnes familières, maintien des habitudes alimentaires et hydriques, respect du sommeil, maintien de la
mobilité …
Intéressant. Mais il y a un biais important. Afin de mener une étude comparative crédible, il faudrait hospitaliser des patients souffrant de maladie d’Alzheimer de manière randomisée, c'est-à-dire par tirage au sort. Ce qui voudrait dire que l’on hospitalise une série de patients sans raison médicale pour la comparer à une série de patients qui demeurent dans leur milieu habituel.
Reste donc à faire la part qui revient à l'hospitalisation et celle
qui relève de la cause de l'hospitalisation.
Fong TG, Jones RN, Marcantonio ER, Tommet D, Gross AL, Habtemariam D,
Schmitt E, Yap L, Inouye SK. Adverse
outcomes after hospitalization and delirium in persons with Alzheimer disease.
Ann Intern Med. 2012 Jun 19;156(12):848-56.
Des auteurs américains ont évalué l’efficacité de la supplémentation en vitamine D chez 28 vétérans (anciens militaires) souffrant de douleurs chroniques. La prescription a tenu compte des valeurs sériques constatées. Une évaluation de la douleur, de la qualité du sommeil et de la qualité de vie a permis de constater une amélioration de ces items entre mai 2009 (avant supplémentation) et novembre 2010 (après supplémentation).
N.B : une série trop limitée et un biais
lié à une prise en charge aspécifique peuvent être opposés à l’enthousiasme
consécutif à cette étude de cas. Toutefois, la probable amélioration de l’état
général sous vitamine D pourrait expliquer, au moins en partie, ce résultat
favorable.
Source: Huang W, Shah S,
Long Q, Crankshaw AK, Tangpricha V. Improvement of Pain, Sleep, and Quality of
Life in Chronic Pain Patients With Vitamin D Supplementation. Clin J Pain. 2012
Jun 13.
Historiquement, les médecins ont utilisé le placebo en pratique clinique sans l’information préalable du patient. Une telle attitude, encore présente selon l'Association Médicale Américaine, fait courir en clinique des risques bien identifiés :
- elle risque de saper la confiance envers le médecin ou
l’infirmière car elle est fondée sur un mensonge qui peut être
éventé,
- elle peut conduire à des fausses interprétations : si le placebo
est efficace, il est loisible d’en déduire que la douleur est « psychogène »
voire inventée,
- elle risque de retarder le diagnostic et le traitement
adéquats,
- certains patients peuvent présenter des effets secondaires : c’est l’effet nocebo. Selon article R.4127-40 du code de la santé publique, « il n'y a pas d'intervention absolument sans danger, en médecine comme ailleurs : même une substance inactive responsable d'un effet placebo peut aussi entraîner, chez le même patient ou chez un autre, un effet nocebo nuisible. »
- l’éthique est ici prise en défaut : le médecin doit promouvoir le
bien –être du malade et respecter son autonomie, donc sa liberté de
choix.
Dans le domaine de la recherche, les volontaires doivent être avertis de la possibilité de l’administration d’un placebo. Ce n’est pas souvent (jamais ?) le cas en pratique clinique, en particulier chez la personne âgée démente. Cette situation est encore fréquente pour soulager une douleur ou en réponse à des plaintes sans explication médicale objective. Une tendance qui pourrait être renforcée par la suspicion croissante envers les médicaments, en particulier les psychotropes et les opioïdes. Si l’administration d’un placebo sans le consentement du malade doit être rejetée, il n’en est pas de même de l’effet placebo qui devrait être utilisé lors de chaque prescription, voire de chaque prise médicamenteuse. L’explication de l’action du médicament et le consentement à son utilisation par le patient sont éthiques et bénéfiques. Trop souvent, les antalgiques sont donnés sans cette démarche non-médicamenteuse indispensable.
Zhu
(Zhu et al, 2012) étudie les variations de douleur chez de patients souffrant
des cancers à un stade avancé (stade IV). L’auteur note que la plus grande
variabilité individuelle relative à la douleur est accrue en cas d’appartenance
à une minorité ethnique, si les patients ont été récemment diagnostiqués, chez
ceux qui souffrent d’une localisation au niveau de la tête et du cou ainsi que
chez ceux qui présentent des douleurs modérées ou sévère à l’état
basal.
NB :
cette étude ne concerne pas exclusivement des personnes âgées. Elle peut
toutefois nous aider à suspecter des situations où les fluctuations, véritables
défis pour le traitement, seront plus probables.
Source :
Zhu J, Davis RB, Stuver SO, Berry DL, Block S, Weeks JC, Weingart SN.
A longitudinal study of pain variability and its correlates in ambulatory
patients with advanced stage cancer. Cancer. 2012 Jun
6.
Par rapport à l'analgésie idéale, le MEOPA présente des qualités indéniables : délai d'action court de l'ordre de 3 à 5 minutes, réversibilité rapide dans le même temps, anxiolyse, effets indésirables acceptables.
A l’instar de la kétamine, le protoxyde d’azote agirait par l’intermédiaire du blocage des récepteurs au glutamate NMDA (Grasshoff et al. 2006). Il ne s'agit pas de la seule modalité d'action du protoxyde d'azote. C'est ainsi que Emmanouil (Emmanouil, 2007) retrouve chez l'animal une action sur les récepteurs opioïdes surtout de type kappa, une action stimulante sur les neurones noradrénergiques descendants inhibiteurs ainsi qu'une activation des neurones gabaergiques (GABA A
.....
Complications neurologiques du MEOPA utilisé de manière illicite : (Wu et al. 2007, Lin et al. 2011)
....
Parmi les effets secondaires à connaître en gériatrie, la possibilité d'altération définitive de la vision doit être évoquée chez tout patient ayant reçu un gaz pour chirurgie ophtalmologique depuis moins de 3 mois. Le risque est grand, en effet, de voir les bulles censées stabiliser la rétine devenir compressives sur la rétine et le nerf optique du fait de la diffusion du protoxyde d'azote dans ces cavités déjà formées (Fu et al. 2002, Kodjikian et al. 2003, Lee 2004, Silvanus et al. 2008, Lockwood et al. 2008).
Rappel : les références se trouvent à la page http://geriatrie-albi.com/Douleurbibliographie.htm
Technicité et personnes âgées. Faut-il en rire, en pleurer ou bien être optimiste ?
Un intéressant article relatif aux robots :
http://www.rue89.com/2012/05/08/bientot-des-robots-pour-assister-vieux-et-malades-231977
En attendant leur pénitence complète, les auteurs dressent en mars 2012 un tableau des USLD et nous laissent redouter la "convergence" qui supprimerait à nouveau 6 000 postes de soignants en France dans ces services (voir deuxième page du premier article).
Les articles omettent
de rappeler les autres atteintes agressives telles que les conventions, les
quotas, les seuils, la coupe PATHOS (outil conçu par certains personnages du
syndicat) appliquée unilatéralement aux SLD, les "soins requis" non pris en
compte, l'exigence d'une traçabilité chronophage qui compromet les soins. Sans
compter les pressions constantes sur les médecins qui ont résisté à la
"réforme". A tel point que l'on peut aisément comprendre le timide engagement de
mes jeunes collègues face aux menaces de toutes sortes qui accompagnent ces
mesures.
Au passage, vous noterez la dimension "charabia" du premier de ces textes. Un peu comme si nous éprouvions le besoin de parler le même discours que nos chers décideurs. Il n'y a donc pas que les médecins de Molière pour parler afin d'être incompris : "Ossanbabdus, nequer, potarinum, quipsa, milus. Voilà justement ce qui fait que votre fille est muette."
Je suis disposé à faire l'exégèse de ce pataquès pour les esprits sains.
Mise en place de la « Plateforme
d'Evaluation des Fragilités et de Prévention de la Dépendance » à
l'Hôpital Garonne, à Toulouse dans le cadre de l'Hôpital de Jour de Gériatrie. Cette
Plateforme, est destinée aux personnes âgées fragiles. Elle a été créée
par le Gérontopôle de Toulouse en collaboration avec le Département
Universitaire de Médecine Générale pour répondre à la lettre de mission de la
Ministre de la Santé.
Lire aussi l'article : http://geriatrie-albi.com/Fragilitedespersonnesagees-24-avril-2012.pdf
Lecture critique de l’article
suivant :
Lucie TREMBLAY NGUYEN, Sophie
NOUBLANCHE, Jean BARRE, Hanane BESSELIEVRE, Maryvonne BORE, Corinne
CAUCHY-BOUSSAND, Corinne BRUHAT, Raphaëlle HUREAUX, Cécile MARTEAU,
Jean-Baptiste MOUZET, Marie-Pierre OMBREDANE, Anne-Caroline PICHEREAU, Aude
PIGNON. Prise en
charge des personnes âgées douloureuses. La Revue de Gériatrie.
2012;37:173-183.
Pour notre part, nous avons
conseillé les mots qui nous semblent empiriquement les mieux compris : pas
de douleur, légère, moyenne, forte, très forte à compléter par la notion de
supportable ou d’insupportable.
L’EVS étant l’outil le plus
adéquat quand il est réalisable, une étude future demeure indispensable pour
déterminer les mots français les mieux compris par les personnes âgées, en
particulier par celles qui souffrent de troubles cognitifs.
Les auteurs font remarquer que les
formes effervescentes de paracétamol constituent un apport non négligeable de
sodium. En effet, si l’on consulte la monographie suivante : PARACETAMOL
ARROW
Accès douloureux paroxystiques et
cancers : quatre formes galéniques de fentanyl sont désormais disponibles.
Pour Tremblay Nguyen (Tremblay Nguyen et
al, 2012) aucun médicament n’aurait démontré d’avantage clinique par rapport
aux autres.
Par ailleurs, les auteurs
soulignent qu’il n’existe pas de faible dosage de l’oxycodone LI : 5 mg
équivalent en effet à 10 mg de morphine. Ainsi, la titration initiale ne doit
pas être réalisée à l’aide d’oxycodone.
Enfin ils rappellent que les
injections, les ponctions veineuses itératives et même les prises de tension
peuvent devenir insupportables sur la durée. Ce rappel est d’autant plus
important que les ponctions et injections ne sont pas toujours pratiquées sous
crème anesthésique et que bien des prises non invasives de la pression
artérielle sont effectuées à titre systématique.
Enseignement
Exposé du 2 mars 2012 pour la Capacité de Gérontologie à Toulouse sur le thème de la fin de la vie en institution :
|
texte de base |
diapositives |
http://www.geriatrie-albi.fr/Merle-Beral2012.jpg
Les relations étroites entre anxiété et douleur trouvent une explication physiopathologique dans le schéma de Benedetti (Benedetti et al, 2006).
L’attente d’hyperalgésie augmente le niveau d’anxiété chez le patient, ce qui entraîne une augmentation de la perception de la douleur et la libération d’hormones de stress. Le médiateur entre anxiété et douleur serait représenté par la CCK (cholécystokinine) : voir le schéma de la page 12020 de la publication intégrale de Benedetti.
Commentaires de l’auteur du site : lors des soins douloureux, les explications, la réassurance verbale, une bonne installation et l’ambiance calme autour du patient doivent parfois être complétées par l’administration d’anxiolytiques. Certes, la potentialisation entre benzodiazépines et morphiniques nécessite une bonne connaissance des effets secondaires et une étroite surveillance du malade. Toutefois le schéma de Benedetti vient à l’appui de l’expérience clinique : souvent, une bonne analgésie ne peut être obtenue que par une analgésie balancée entre anxiolytiques à faible doses et antalgiques. A ce titre, le MEOPA fournit un autre exemple du fait de son faible effet antalgique et de son potentiel sédatif.
Sources :
Benedetti F, Amanzio M, Vighetti S, Asteggiano G. The biochemical and neuroendocrine bases of the hyperalgesic nocebo effect. J Neurosci. 2006 Nov 15;26(46):12014-22.
Attal N. Neuroanatomie fonctionnelle de l’effet placebo in Douleurs : physiologie, physiopathologie et pharmacologie. Arnette, 2009.
D’après Carr (Carr et al, 2011), il conviendrait de distinguer les sujets âgés aptes à la conduite automobile et ceux qui ne devraient plus s'y adonner. Pour cela, trois tests de dépistage seraient utiles :
Ø un test informel en huit items pour différencier le vieillissement normal et une démence (Eight-item Informant Interview to Differentiate Aging and Dementia)
Ø le test de l’horloge
Ø un labyrinthe (test du labyrinthe de Snellgrove à réaliser en moins de 60 secondes : cliquer ci-dessous) ou encore un Trail Making Test A.
Sources :
Carr DB, Barco PP, Wallendorf MJ, Snellgrove CA, Ott BR. Predicting road test performance in drivers with dementia. J Am Geriatr Soc. 2011 Nov;59(11):2112-7.
Etude intéressante relative aux associations entre douleur et troubles psycho-comportementaux des démences d’après des données extraites de l’étude SHELTER menée dans 8 pays européens parmi 538 résidents souffrant de douleur (19,1 %).
Une association significative et positive a été retrouvée pour :
Ø un comportement socialement inapproprié (OR : 1,37, IC 95 % : 1,04-1,80),
Ø l’opposition aux soins (OR : 1,41, IC 95 % : 1,08-1,83),
Ø un processus anormal de la pensée (OR : 1,48, IC 95 % : 1,16-1,90),
Ø des hallucinations (OR : 1,48, IC 95 % : 1,07-2,03),
Une association négative, de significativité limite, a été retrouvée entre la déambulation et la douleur.
Commentaires de l’auteur du site : cette étude pose davantage de questions qu’elle amène de réponses. Elle a toutefois le mérite d’envisager les troubles du comportement en relation avec la douleur. L’approche classique était plutôt orientée, parmi les troubles psychiatriques, vers l’association entre troubles thymiques et douleur.
Source : Tosato M, Lukas A, van der Roest HG, Danese P,
Antocicco M, Finne-Soveri H,
- Pradines B. participation à la formation des pharmaciens d'officine à l'approche de la maladie d'Alzheimer le 20 octobre 2011 au Mans (France) dans le cadre de France Alzheimer et Alphega - Alliance Healthcare.
- Pradines B. Eléments de prise en charge médicamenteuse de la douleur des personnes âgées : présentation à Arcachon le 2 juillet 2011 devant des médecins généralistes à l'invitation du laboratoire Mundipharma (Monsieur Eric Foret).
- Pradines B. Vieillissement, perte d’autonomie, dépendance. Formation d'évaluatrices pour l'aide à domicile. MSA de Montauban, le 4 octobre 2011.
- Pradines B. Vieillissement normal et pathologique. Participation à la formation des personnels du centre hospitalier de Rodez dans le cadre d'AMS depuis le 18 octobre 2011.
Selon
un étude longitudinale parue aux USA en 2011 portant pendant 16 ans sur 77 525
femmes et pendant 20 ans sur 49 403 hommes, la consommation de paracétamol et
d’aspirine n’augmenterait pas le risque de cancer du rein. Il n’en serait pas
ainsi pour les AINS en dehors de l’aspirine où le risque relatif serait de 1.51
(95% IC : 1,12 - 2,04).
Source :
Cho E, Curhan G, Hankinson SE, Kantoff P, Atkins MB, Stampfer M,
Choueiri TK. Prospective evaluation of
analgesic use and risk of renal cell cancer. Arch Intern Med.
2011 Sep 12;171(16):1487-93.
Remarque :
les résultats de cette étude ont été repris dans le JIM en ligne : http://www.jim.fr/e-docs/00/01/F2/87/document_actu_med.phtml
Intéressante étude de psychologie expérimentale belge.
Source : De Ruddere L, Goubert L, Prkachin KM, Louis Stevens MA, Van Ryckeghem DM, Crombez G. When you dislike patients, pain is taken less seriously. Pain. 2011 Oct;152(10):2342-7.
En matière de douleurs chez la personne âgée, il est souvent difficile de distinguer :
- d’une part la fréquente dépression dite masquée avec plaintes douloureuses somatiques, d’autre part les conséquences dépressives d’une douleur d’origine organique.
- d’un côté des troubles anxieux, voire hypocondriaques, de l’autre une pathologie organique parfois noyée dans la multitude des plaintes.
J’ai déjà eu l’occasion d’écrire que la pratique clinique m’a amené à remettre en cause la notion de douleur psychogène. En effet, les points d’appel douloureux ne manquent pas chez la personne âgée en soins de longue durée et nul n’est besoin d’en avancer de nouveaux. De plus, il me semble qu’une telle étiquette fait courir le risque d’une analyse superficielle de la souffrance toujours globale, à la fois somatique et psychique.
Association Tarnaise de Gérontologie
10.4) Le test thérapeutique utilisant des antalgiques
Ce test est parfois utilisé pour mettre en évidence une douleur quand toutes les autres possibilités d'évaluation sont demeurées vaines chez un patient incapable de s'exprimer.
Les deux principaux reproches qui peuvent être adressés au test thérapeutique sont les suivantes : en cas d'échec, si le paracétamol est utilisé seul, il est toujours possible d'invoquer une insuffisance d'efficacité du traitement. Dans le cas de l'utilisation d'un opioïde, l'effet sédatif de ce dernier peut en imposer pour un soulagement de la douleur.
Interview pour le mensuel Alliance+contact à propos d'une nouvelle FCC pour les pharmaciens : la prise en charge de la maladie d'Alzheimer. Juin 2011, n° 186, p 16.
La lidocaïne peut être administrée sous la forme d'emplâtres de de VERSATIS 5 % sur la zone douloureuse une fois par jour, pendant une période maximale de 12 heures par 24 heures (banque Claude Bernard). Au total, on ne doit pas dépasser l'application de trois emplâtres au maximum en même temps. L'emplâtre doit être appliqué tel quel, sur une peau sèche et non irritée (après cicatrisation des vésicules de zona). L'emplâtre ne doit pas être appliqué plus de 12 heures. Il est nécessaire de respecter un intervalle de 12 heures avant l'application de l'emplâtre suivant.
A propos de l'hyperalgésie paradoxale sous opioïdes, Richebé (Richebé et al, 2006), citant Simonnet (Simonnet et al, 2003) propose une représentation schématique de l'hypothèse selon laquelle les substances opioïdes seraient capables d'activer non seulement des systèmes inhibiteurs de la nociception (analgésie), mais aussi des systèmes facilitateurs de la nociception (hyperalgésie, allodynie) via la mise en jeu des récepteurs NMDA. L'effet analgésique d'une première administration d'une substance opioïde serait la résultante du fonctionnement de ces deux systèmes opposés.
L’oxycodone est présentée sous la forme d’OXYNORM* (gélules
per os ou ampoules injectables).
Dans une revue de la littérature sur 14 études répondant aux critères d’inclusion parmi 18 767, Clegg (Clegg et al, 2011) estime que le risque d’état confusionnel est augmenté avec les opioïdes (odds ratio [OR] 2.5, 95% CI 1.2-5.2), les benzodiazépines (3.0, 1.3-6.8), les dihydropyridines (2.4, 1.0-5.8) et probablement avec les antihistaminiques (1.8, 0.7-4.5). Curieusement, le risque ne semble pas accru avec les neuroleptiques (0.9, 0.6-1.3) ou la digoxine (0.5, 0.3-0.9). Il existe une incertitude pour les antagonistes H2, les antidépresseurs tricycliques, antiparkinsoniens, les corticoïdes, les AINS et les antimuscariniques.
Commentaire : à prendre avec précaution mais une suspicion à renforcer pour les trois familles dont les résultats sont significatifs. D'autant plus qu'il ne s'agit pas ici exclusivement de personnes âgées et a fortiori de patients déments.
Source :
Clegg A, Young JB. Which medications to avoid in people at risk of delirium: a systematic review. Age Ageing. 2011 Jan;40(1):23-9. Epub 2010 Nov 9. Review.
- les propositions gouvernementales
- les solutions alternatives avancées par l’intersyndicale
le mardi 22 mars 2011 à 14 h 30 à ALBI à la maison de quartier de Cantepau, rue Mirabeau.
Commentaires de l’auteur de ce site : la fréquence de cette pathologie chez la personne âgée est loin d’être négligeable.
Source :
Lam DK, Schmidt BL. Orofacial pain onset predicts transition to head and neck cancer. Pain. 2011 Mar 7.
Le score-seuil est de 6 (sensibilité de 85 %).
Selon Wylde (Wylde et al, 2011), la prévalence des douleurs postopératoires trois à quatre ans après prothèse totale de hanche (662 patients) était de 27 % (douleurs sévères : 6 %, douleurs neuropathiques : 1 %) et de 44 % (douleurs sévères : 15 %, douleurs neuropathiques : 6 %) après prothèse totale de genou (632 patients). Une dépression majeure et le nombre des autres sites douloureux étaient des facteurs significatifs indépendants de la persistance de la douleur postopératoire. Les auteurs formulent l’hypothèse d’une vulnérabilité à la douleur à l’origine de la multiplicité des sites algiques.
Membres du Conseil d’Administration sans être membre du bureau :
Madame Michèle BAYSSE, anciennement membre d’une famille de résident
Madame Anne BRUNET-GARIN |
Monsieur Christian BRUNET | |
Mise à jour du bureau et du CA de l'assocation Roger Garin après l'AG du 1er octobre 2010
Les symptômes les plus utiles pour le diagnostic sont l'absence de douleur
en position assise, l'amélioration des symptômes en position penchée en avant,
la présence d'une douleur bilatérale des membres inférieurs ou des fesses et la
claudication neurologique (ou neurogène). Un élargissement du polygone de
sustentation lors de la marche et un test de Romberg positif accroissent la
probabilité du diagnostic alors que l'absence de claudication intermittente
neurologique la diminue.
Source :
Suri P, Rainville J, Kalichman L,
Katz JN. Does this older adult with lower extremity pain have the clinical
syndrome of lumbar spinal stenosis? JAMA. 2010 Dec 15;304(23):2628-36. Review.
Affiche : http://www.geriatrie-albi.fr/affichelesyeuxouverts.pdf (Téléchargement long)
Le syndrome
sérotoninergique (SS) : un ennemi sournois qui doit être reconnu du fait de sa
gravité et de son potentiel déclenchement par des médicaments utilisés
fréquemment en gériatrie, seuls ou en association, à visée antalgique ou
antidépressive.
Médicaments les
plus suspects en gériatrie :
tramadol
IRSS
IRSNA
ADT
IMAO
mirtazapine
Le SS se
manifeste par la triade :
- modification
de l’état mental : anxiété, agitation.
- hyperactivité
végétative : tachycardie, frissons, hypersudation, mydriase, dysrégulation de la
pression artérielle, borborygmes, diarrhée.
- anomalies
neuromusculaires : myoclonies, tremblements.
Les critères de
Hunter précisent la symptomatologie en présence d’un médicament sérotoninergique
:
1. Si (clonies
spontanées), alors SS
2. Ou bien si
(clonies induites) et (agitation) ou (hypersudation), alors
SS
3. Ou bien si
(clonies oculaires) et (agitation) ou (hypersudation), alors
SS
4. Ou bien si
(tremblements) et (hyperréflexie), alors SS
5. Ou bien si
(hypertonie) et (fièvre >
6. Sinon pas de
SS.
Source :
Bulletin de Pharmacovigilance de Basse Normandie, n°15, octobre 2010.
La vaccination contre le zona est recommandée aux USA chez les personnes de plus de 60 ans car elle est censée réduire le risque de zona et de douleur post-zostérienne de 50 % (GRS slides de l’AGS, version 7).
Cette attitude semble renforcée par la publication de Johnson (Jonhson et al, 2010) qui fait état de l’étude de prévention du zona (Shingles Prevention Study) conduite chez plus de 38 000 personnes âgées de plus de 60 ans : la vaccination réduirait le retentissement du zona et de la douleur post-zostérienne sur les activités de la vie quotidienne des deux–tiers lors d’une évaluation par un questionnaire spécifique au zona. Aucune mesure préventive ou curative n’étant totalement efficace à elle seule, il semble qu’une association de moyens soit la voie d’avenir dans la prise en charge d’une pathologie qui concerne un patient âgé sur deux.
Sources :
GRS slides de l’AGS, version 7
(accès payant) http://teachingslides.americangeriatrics.org/, Infectious diseases, slide 40
Johnson RW, Bouhassira D, Kassianos G, Leplège A, Schmader KE, Weinke T. The impact of herpes zoster and post-herpetic neuralgia on quality-of-life. BMC Med. 2010 Jun 21;8:37.
Texte complet en accès libre : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2905321/pdf/1741-7015-8-37.pdf
ou
Les biphosphonates
réduisent le risque de fractures ostéoporotiques vertébrales, non vertébrales et
en particulier celles de hanche chez les patients à risque. Toutefois, des
inquiétudes se sont fait jour depuis 5 ans quant à la suppression du remodelage
osseux par les biphosphonates. Ainsi pourraient apparaître des fractures
décrites comme "atypiques" affectant des sites inhabituels tels que la zone
sous-trochantérienne du fémur. Un prodrome de douleur de la cuisse, l'absence de
traumatisme causal et des aspects radiologiques caractéristiques ont été
décrits. Les auteurs conseillent, avant d'initier une thérapeutique par
biphosphonates, d'évaluer le risque réel de fracture, puis d'interrompre cette
thérapeutique pendant 12 mois au bout de 5 ans d'administration chez des
patients stables sur le plan clinique, enfin d'envisager le tériparatide chez
des patients victimes de fracture sous
biphosphonate.
Commentaires de l’auteur de
ce site: la dernière considération concernant le tériparatide devrait être
vérifiée dans l’éventualité d’un conflit d’intérêt.
Source:
Clegg et Young (Clegg et al, 2010) recherchent la responsabilité des médicaments dans la genèse des états confusionnels. Pour cela, ils ont répertorié les études prospectives parmi 18 767 études publiées. Quatorze études ont été incluses dans cette revue qui concernait seulement des patients à risque d’état confusionnel : âge, altération cognitive ou démence, sévérité de la pathologie. Le risque d’état confusionnel semble augmenter surtout avec les opioïdes (RR 2.5, 95% IC 1.2-5.2) et les benzodiazépines (3.0, 1.3-6.8), et de manière plus inattendue avec une dihydropyridine (il est vrai la seule nifédipine dans un seule étude en chirurgie cardiaque : 2.4, 1.0-5.8). Les antihistaminiques H1 semblent aussi en cause (1.8, 0.7-4.5). Aucune relation n’a été trouvée avec les neuroleptiques (0.9, 0.6-1.3) ou la digoxine (0.5, 0.3-0.9). L’incertitude porte sur les antagonistes H2, les ADT, les antiparkinsonniens, les corticosteroïdes, les AINS et les antimuscariniques. Mais ces incertitudes sont liées surtout à des difficultés méthodologiques. D'autres études seront nécessaires pour conclure.
Bien que ces données ne concernent pas exclusivement des personnes âgées de plus de 75 ans (qui sont toutefois les plus nombreuses), elles attirent l’attention sur les responsabilités de substances d’administration quotidienne, en particulier dans la clientèle gériatrique. Concernant la douleur, les auteurs évoquent la possibilité, preuves à l’appui, de déclencher un état confusionnel si une douleur sévère n’est pas traitée, considération à mettre en balance avec l'incidence de ce même effet adverse sous opioïde.
Source :
Clegg A, Young JB. Which medications to avoid in people at risk of delirium: a systematic review. Age Ageing. 2010 Nov 9.
Smith
(Smith et al, 2010) étudient 4700 patients, de 76 ans d'âge moyen, décédés au
cours d’une étude relative aux douleurs chez la personne âgée. Tous les deux
ans, les patients avaient été interrogés sur la présence d’une douleur. Si la réponse était positive, ils évaluaient
leur douleur par une échelle verbale simple. Ainsi, 26 % des personnes
interrogées déclaraient souffrir de douleur deux ans avant leur décès. Mais ce
pourcentage devenait égal à 46 % au cours du dernier mois de la vie. Chez les
patients souffrant de pathologie articulaire (principalement l’arthrose), ce
sont 60 % des patients qui en faisaient état alors que seulement 26% des
patients souffrant alors d’autres pathologies étaient concernés, y compris ceux
affectés par un cancer ou une pathologie cardiaque. Et les auteurs de conclure
que la prévalence des douleurs ne serait pas liée au diagnostic de la pathologie
terminale : les patients souffrant d’une pathologie évoluée rapportent des
niveaux significatifs de douleur mais le mécanisme sous-jacent n’est pas encore
compris.
Commentaires de
l’auteur de ce site : enfin une étude qui confirme notre impression clinique
dans ce domaine. La pathologie terminale ne conditionnerait pas forcément la
localisation et l’intensité des douleurs. Si des facteurs psychologiques
viennent immédiatement à l’esprit, d’autres causes peuvent être soupçonnées,
telles qu’un abaissement du seuil de perception et/ou de tolérance à la douleur
lors d’une comorbidité ou de l’altération terminale de l’état
général.
Source :
Smith Alexander K, M.D., M.P.H., assistant professor, medicine,
University of California, San Francisco, and staff physician, San Francisco VA
Medical Center, San Francisco; M.C. Reid, M.D., Ph.D., director,
Cornell-Columbia Translational Research Institute on Pain in Later Life, New
York City; Nov. 2, 2010, Annals of Internal
Medicine
http://consumer.healthday.com/Article.asp?AID=645253
- Pradines B. Douleur provoquée par les soins. La personne âgée. CNRD, Issy-les-Moulineaux, 15 octobre 2010.
- Pradines B. Les soins palliatifs. Formation continue auprès des personnels soignants. Carpentras, 4 et 5 octobre puis 18 et 19 octobre 2010. SPECIFIC.
- Pradines B. La douleur chez la personne âgée. Formation continue auprès des personnels soignants. Saint-Julien-en-Genevois, 13 et 14 octobre 2010.
Mise en ligne des diapositives (format pdf) relatives à l'évaluation de la douleur chez la personne âgée souffrant de troubles cognitifs. Exposé effectué à Saint-Julien-en Genevois (France) le 13 octobre 2010 en soirée auprès de médecins et de soignants.
L’effet placebo est d’abord un produit du contexte environnemental tel que les mots utilisés et les rituels lors de l’acte thérapeutique. Cet effet aboutirait à des modifications des circuits et de la biochimie neuronale. En second lieu, les mécanismes activés par les placebos seraient identiques à ceux qui le sont par les médicaments, ce qui suggère une interférence cognitive / affective avec l’action de ces substances. Enfin, si le fonctionnement préfrontal est compromis, la réponse placebo serait diminuée ou même annulée comme ceci se produirait au cours de la maladie d’Alzheimer (Benedetti et al, 2010).
Source :
Benedetti
F, Carlino E, Pollo A. How Placebos Change the Patient's Brain.
Neuropsychopharmacology. 2010 Jun 30.
Mise en ligne des diapositives (format pdf) relatives à l'évaluation de la douleur chez la personne âgée souffrant de troubles cognitifs ainsi que de la prise en charge thérapeutique. Exposés effectués à Saint-Julien-en Genevois (France) les 13 et 14 octobre 2010.
Ray étudie 407 personnes âgées de plus de 70 ans souffrant à la fois de douleur chronique et d’obésité du fait de leur fréquente association (risque relatif de douleur chronique en présence d’obésité chez le sujet âgé : 1.70, intervalle de confiance à 95% : 1.05-2.75). Les auteurs tentent d’expliquer cette relation mais ne peuvent pas parvenir à établir un lien entre la douleur dans cette population et des symptômes associés à l’obésité : marqueurs d’insulinorésistance ou d’inflammation, arthrose ou neuropathie.
Source :
Ray L, Lipton RB, Zimmerman ME, Katz MJ, Derby CA. Mechanisms of association between obesity and chronic pain in the elderly. Pain. 2010 Oct 4.
Des études récentes rendent compte de la perception de la douleur au cours des démences. Ces études utilisent d’une part l’exploration clinique et d’autre part l’imagerie cérébrale. Dans la maladie d’Alzheimer, des résultats paradoxaux ont été obtenus : les données psychologiques suggèrent une altération sélective de la dimension affective de la douleur alors que l’IRM fonctionnelle montre une augmentation du signal d’origine nociceptive. Carlino (Carlino et al, 2010) étudie la perception et la tolérance de la douleur au cours des démences fronto-temporales. Lors d’une stimulation électrique périphérique douloureuse, les seuils de perception de la douleur et celui de tolérance ont été étudiés sur des critères neuropsychologiques ou d’imagerie. Pour ce qui est des scores neuropsychologiques, ils traduisent une augmentation du seuil de perception de la douleur. L’imagerie retrouvant une hypoperfusion strictement frontale et/ou temporale se traduit quant à elle à la fois par une élévation des seuils de perception et de tolérance à la douleur.
Commentaires de l’auteur de ce site : l’évolution de la perception douloureuse au cours des démences est actuellement au début de son exploration et donc de sa compréhension. Il sera toutefois désormais difficile de se contenter de la seule difficulté d’expression verbale pour rendre compte du vécu douloureux des patients déments.
Source : Carlino E, Benedetti
F, Rainero I, Asteggiano
G, Cappa G, Tarenzi L, Vighetti S, Pollo A. Pain perception and tolerance in
patients with frontotemporal dementia.
Pain. 2010 Oct 8.
A propos des douleurs chroniques non cancéreuses traitées
par opioïdes chez les personnes âgées, intéressante revue de la littérature de
Papaleontiou (Papaleontiou et al, 2010). Intéressante
et surprenante : les douleurs neuropathiques seraient davantage accessibles que
les douleurs arthrosiques à ce type de traitement, ce qui ne correspond pas à
l’algorithme de Finnerup. Les effets secondaires sont classiques mais les
auteurs insistent sur la fréquence des sensations d’instabilité posturale et
d’étourdissements qui ne peuvent pas être assimilées à de la somnolence ou à des
vertiges à proprement parler (dizziness). Autre notion : la constipation ne semble pas constante bien que l’on ne
sache pas si celle-ci a été prévenue ou non.
Pour lire la totalité de cette revue
complétée par une métaanalyse, il convient d’être inscrit sur medscape et de se
rendre à la page :
http://www.medscape.com/viewarticle/727623
Source :
Papaleontiou M, Henderson CR Jr, Turner BJ,
Moore AA, Olkhovskaya Y, Amanfo L, eid MC. Outcomes associated with opioid use
in the treatment of chronic oncancer pain in older adults: a systematic review
and meta-analysis. J Am Geriatr Soc. 2010 Jul;58(7):1353-69. Epub 2010 Jun 1.
Review.
Finnerup
Je vous propose la suivante :
Puolakka (Puolakka et al, 2010) étudie les facteurs de risque de prévalence élevée de douleur persistante après arthroplastie du genou chez 855 patients. L’intensité de la douleur post-opératoire immédiate était le facteur de risque le plus important. Deux autres facteurs ont été identifiés: la durée de la douleur préopératoire et le sexe féminin.
Commentaires de l’auteur de ce site: la prise en charge de la douleur post-opératoire dès la salle de réveil et une moindre prolongation du délai d’intervention pourraient constituer des éléments de progrès dans la prise en charge des interventions prothétiques sur le genou.
Source:
Puolakka PA, Rorarius MG, Roviola M, Puolakka TJ, Nordhausen K, Lindgren L. Persistent pain following knee arthroplasty. Eur J Anaesthesiol. 2010 May;27(5):455-60.
L’utilisation des
opioïdes forts (palier 3 de l’OMS) ne se cantonne plus au soulagement des
douleurs cancéreuses en phase terminale.
Désormais, ces substances sont utilisées contre les douleurs chroniques
non-malignes. Pour Vissers (Vissers, mars 2010), il n’existe pas encore d’argument suffisant pour le
choix d’un opioïde ou d’une dose d’initiation pour un syndrome douloureux
donné.
La forte variabilité
inter-individuelle dans la réponse liée à la sensibilité des récepteurs ainsi
qu’aux paramètres pharmacologiques et pharmacodynamiques justifie une approche
au cas par cas du choix de l’opioïde et une titration pas à pas. L’expérience
clinique montre que le remplacement d’un opioïde par un autre peut optimiser le
contrôle de la douleur en diminuant les effets secondaires. Cette stratégie –la
rotation des opioïdes – nécessite le calcul de l’équivalence de dose pour
initier le nouvel opioïde. Or, les tables actuelles de conversion sont souvent
issues d’études en situation de douleur aiguë, parfois sur la base d’une dose
unique.
Vissers en déduit la
nécessité d’une grande prudence, à savoir une moindre dose initiale que celle
indiquée par les tables d’équivalences. Seule la réponse clinique servira
ensuite de guide pour la titration du nouvel
opioïde.
Source :
Vissers KC, Besse K, Hans G, Devulder J, Morlion B. Opioid rotation
in the management of chronic pain: where is the evidence? Pain
Pract. 2010 Mar;10(2):85-93. Epub 2010 Jan 8.
Review.
programme et bulletin d'inscription
Encore une étude comparant l’évaluation
de la douleur par le patient en regard de celle pratiquée par les soignants.
Shugarman (Shugarman et al,
2010) étudie les résultats de l’évaluation de la douleur par une échelle numérique
par 94 soignants et par 465 patients en les comparant entre elles pour chaque
patient.
Une sous-estimation par les
soignants est présente dans 25% des cas, une surestimation dans 7% des cas.
Les facteurs de
sous-estimation retrouvés sont les suivants : plus grand nombre d’années
d’expérience de l’équipe soignante, anxiété du patient et désordres
post-traumatiques. Moins de sous-estimation sont retrouvées si le patient est
en bon état de santé.
La surestimation est possible
si le protocole d’utilisation de l’échelle numérique est totalement respecté et si les signes vitaux sont relevés
dans un environnement faisant diversion.
Commentaires de l’auteur de
ce site : la difficulté d’évaluation de la douleur dans le cadre de
l’anxiété est bien connue du clinicien, cette dernière pouvant être confondue
avec une expression exagérée de la douleur.
Source : Shugarman LR,
Goebel JR, Lanto A, Asch SM, Sherbourne CD, Lee ML, Rubenstein LV, Wen L,
Meredith L, Lorenz KA. Nursing Staff, Patient, and Environmental Factors
Associated with Accurate Pain Assessment. J
Pain Symptom Manage. 2010 Aug 6.
Shi
(Shi et al, 2010) étudie l'incidence des douleurs chez 18 439 personnes
âgées de plus de 50 ans entre 1992 et 2006 ayant répondu à un questionnaire aux
Etats-Unis. Ceci en relation avec d'éventuels facteurs de risque potentiellement
évitables. Parmi elles, 34,1% (95% IC : 33,2%, 35 %) déclaraient
être souvent sujettes à des douleurs, 24,3 % des douleurs sévères et 22,3 %
étaient affectées quotidiennement. La dépression et la surcharge pondérale
étaient des facteurs prédictifs indépendants associés à la probabilité d'apparition
de douleurs. Un tabagisme en cours augmentait ce risque seulement chez les
patients atteints de dépression. Les auteurs attirent l'attention sur la
dépression, l'excès pondéral et
le tabagisme dans cette tranche d'âge.
Source : Shi Y, Hooten WM, Roberts RO, Warner DO. Modifiable risk factors
for incidence of pain in older adults. Pain. 2010 Aug 8.
Selon Vassal
(Vassal et al, 2010), l'altération de la fonction rénale chez la personne âgée
ne contrindique pas l'utilisation de la morphine mais doit rendre prudent du
fait de l'élimination urinaire de métabolites actifs. La formule de Cockroft et
Gault représente une aide à l'initiation du traitement. Toutefois, il serait
illusoire d'établir un protocole précis à partir de cette dernière du fait des
nombreux autres facteurs interférents.
Le fentanyl est
principalement métabolisé par le foie et ne possède pas de métabolite actif.
Ceci rend son utilisation plus aisée lorsque la fonction rénale est anormalement
altérée car seulement mois de 10 % du fentanyl sont éliminés par cette voie sous
forme inchangée.
Remarque de l’auteur de ce site : malgré ses avantages,
le fentanyl possède des inconvénients : équivalence de 30 mg de morphine
quotidienne pour la plus faible présentation (12 µg/hr), rigidité thoracique
plus fréquente, nouveauté des présentations d’action immédiate, sécurité
apparente éventuellement trompeuse par moindre effet
sédatif.
Source : Vassal P, Gonthier R. Traitement de la douleur
de la personne âgée par les opioïdes forts. Revue de Gériatrie, tome 35, n°6,
juin 2010, pp 393-408.
biographie de l'auteur du site : - formation et conseil en gériatrie depuis le 1er août 2010.
Ce sont les effets secondaires qui empêchent le plus souvent d'administrer d'emblée des doses efficaces de morphiniques. Les facteurs de risque sont représentés par l’âge, une insuffisance hépatique ou rénale, une polymédication (en particulier celles incluant un ou des psychotropes) et l'existence de pathologies associées modifiant la pharmacocinétique. C'est pourquoi il convient (Vassal et al, 2010) :
- d'utiliser des médicaments à demi-vie d'élimination courte,
- de diminuer les posologies initiales au minimum de moitié, voire davantage chez le sujet âgé par rapport à l'adulte jeune,
- d'adapter
lentement les posologies.
Remarque de l’auteur de ce site : une polymédication incluant un ou des psychotropes potentialise les effets sédatifs des opioïdes.
Source : Vassal P,
Gonthier R. Traitement de la douleur de la personne âgée par les opioïdes forts.
Revue de Gériatrie, tome 35, n°6, juin 2010, pp
393-408.
Pour Hervy (Hervy et al, 2010), la
constipation concerne 80 % des résidents en institution gériatrique et 60 à 80
% des patients, tous âges confondus, recevant des analgésiques de palier III.
L'auteur rappelle que le fécalome peut être responsable d'une rétention aiguë
d'urines. Il convient de pratiquer un toucher rectal au 4ème jour sans selle à la
recherche d'un fécalome, même s'il existe une "fausse diarrhée". Lorsque
les patients sont sous morphine, la rotation avec le fentanyl peut être
discutée, plusieurs études ayant montré une moindre constipation. La
methylnaltrexone (en France : RELISTOR*) trouverait sa place lorsque les autres
mesures ont été inefficaces. L'administration de doses allant de 0,15 mg/kg à
0,30 mg/kg vs placebo a montré une reprise du transit dès la 4ème heure chez 48
à 52 % des patients ayant reçu une injection SC de methylnaltrexone.
En résumé, Hervy préconise :
- au 3ème jour sans selle et après
avoir éliminé un syndrome occlusif : le renforcement du traitement laxatif en
cours et un laxatif rectal par suppositoire (qui stimule la défécation de façon
mécanique en activant le réflexe ano rectal),
- au 4ème jour, si le toucher rectal retrouve
des selles impactées ou un fécalome, un lavement évacuateur sera effectué tout
en instaurant soit une bithérapie laxative, soit un antagoniste morphinique
périphérique, la méthylnatrexone ( Relistor*) à la dose de 0,15 mg/kg en sous
cutanée.
En cas d'inefficacité constatée au bout de
48h, peuvent être utilisés soit les préparations pour investigation colique,
soit les péristaltogènes intestinaux, associés ou non à un grand lavement à
l'eau tiède avec ou non de l'huile de paraffine ou de glycérine.....
Source : Hervy M-P., Gonzales B., Brunetti N., Rabier P. Constipation sous morphiniques du sujet âgé. Revue de gériatrie, juin 2010, pp 429-35.
Equivalences entre morphiniques et selon la voie :
On pourra aussi utilement se rapporter à la page 2 du document publié par la SFAP : http://www.sfap.org/pdf/VIII-I7-pdf.pdf
Qui est l'auteur de ce site ?
Bernard Pradines : je suis un gériatre français en retraite de l'activité clinique depuis le 1er août 2010. Né le 4 juillet 1950 à Toulouse, je suis marié et père de trois enfants. J'étais praticien hospitalier à temps plein, j'ai exerçé dans le service de Soins de Longue Durée du Centre Hospitalier d'Albi du 4 novembre 1991 au 1er août 2010. Je fus anesthésiste-réanimateur de 1976 à 1994. J'ai un intérêt particulier pour la gériatrie (Capacité de Gérontologie), la douleur (Diplôme d'Université) et les soins palliatifs (Diplôme d'Université). Je me consacre désormais à l'enseignement, à la formation et au conseil.
Recommandations
recommandations de l'AFSSAPS en juin 2010 : elles s’inscrivent dans la suite de celles réalisées en 2002 (« SOINS PALLIATIFS : spécificité d’utilisation des médicaments courants hors antalgiques »). Elles portent sur huit classes de médicaments utilisés dans la douleur en situation palliative avancée chez l’adulte, choisis en fonction de leur utilisation en dehors du cadre de l’autorisation de mise sur le marché et/ou de leur accès limité.
Equivalences selon la voie d'administration de la morphine :
. 30 mg de morphine per os,
. 20 mg de morphine voie SC,
. 10 mg de morphine voie IV,
. 1 mg par voie péridurale,
. 0,1 à 0,5 mg par voie intrathécale,
. 0,01 à 0,05 mg par voie intracérébroventriculaire.
Source pour les voies IV, péridurale, intrathécale et intracérébroventriculaire : AFSSAPS, 2010.
1= patient complètement éveillé,
2= patient somnolent,
3 = patient avec les yeux fermés mais répondant à l’appel,
4 = patient avec les yeux fermés mais répondant à une stimultation tactile légère (traction sur le lobe de l’oreille),
5 = patient avec les yeux fermés et ne répondant pas à une stimulation légère.
Sources :
Scherder E, Oosterman J, Swaab D, Herr K, Ooms M, Ribbe M, Segeant J, Pickering G, Benedetti F. Recent developments in pain in dementia. British Medical Journal. 2005;26:330:461–464.
Pickering
G. Epidémiologie et modifications de la douleur au cours du vieillissement.
Journée thématique douleur de
Selon Jakobsson
(Jakobsson, 2010), la prévalence des douleurs chroniques, en moyenne de 46% dans
la population générale, connaît un maximum entre 60 et 74 ans, âge auquel
succède une période de moindre ou de plus grande fréquence des
douleurs.
Remarque de l'auteur
de ce site : cette publication semble rejoindre partiellement les propos de
Pickering (Pickering, 2009) quant à une prévalence maximale des douleurs entre
65 et 75 ans.
Sources
:
Pickering G.
Epidémiologie et modifications de la douleur au cours du vieillissement.
Journée thématique douleur de
- Pradines B. Iatrogénèse médicamenteuse chez la personne âgée. Association Tarnaise de Gérontologie, 17 juin 2010.
- Pradines B. Animation d'un "bistrot Alzheimer" à Albi le 19 juin 2010.
Débit
de Filtration Glomérulaire (en ml/minute) = 186,3 x
(créatininémie/88,4)-1,154 x
âge-0,203.
A
multiplier par 0,742 pour les femmes et par 1,21 pour les personnes d'origine
africaine (African American).
NB :
comme dans la formule de Cockroft, la créatininémie est exprimée en µmoles /
litre. Le résultat de MDRD ne serait fiable que pour des valeurs inférieures à
60 ml/min. Pour notre part, nous affichons côte à côte les deux résultats afin
d’en déduire une valeur valable probable, surtout dans les cas d’altération
grave de la fonction rénale mesurée par la formule de Cockroft
Remarque de l'auteur de
ce site :
La
diminution du flux sanguin rénal est quasi-constante chez la personne âgée : la
formule de Cockroft devrait être systématiquement effectuée du fait de
l’augmentation de la demi-vie et de la diminution de la clairance plasmatique
des médicaments à élimination rénale. La pharmacocinétique des médicaments sur
le marché est étudiée et publiée en fonction de cette équation. On lui reproche
toutefois d’être pessimiste en cas d’insuffisance rénale ou optimiste si le
poids du sujet est très élevé. C’est pourquoi le calcul de la filtration
glomérulaire devrait être effectué de surcroît par MDRD.
Christophe Trivalle
La gérontologie en actes
En 2007, Finnerup
(Finnerupp et al, 2007), publie un algorithme thérapeutique utile contre les
douleurs neuropathiques périphériques (ci-jointe une traduction personnelle).
Remarques de l'auteur
de ce site : l'algorithme est fondé sur une métaanalyse de méthodologie
soigneuse et prudente, sur le NNT (nombre de sujets nécessaires à traiter) et le
NNH (nombre de sujets nécessaires pour observer un effet délétère). Il s'agit de
la revue la plus complète à ma connaissance sur le thème.
Les anticonvulsivants
viennent au même niveau que les antidépresseurs tricycliques, en particulier du
fait des effets délétères de ces derniers. Ces études n'ayant pas été menées
seulement chez des personnes âgées souffrant de troubles cognitifs et
susceptibles d'autres effets (troubles rythmiques, rétention urinaire, glaucome,
xérostomie, constipation), cette considération est renforcée en pratique
gériatrique quotidienne. Si l'efficacité des opioïdes est à nouveau mise en
évidence, ce sont leurs effets adverses qui les placent en dernière intention.
Les IRS seront choisis
de préférence dans chez ceux qui possèdent aussi un effet noradrénergique
(duloxétine ou venlafaxine). Dernière considération : l'association du tramadol
avec un IRS expose au risque de syndrome sérotoninergique.
Source :
Texte complet : http://tinyurl.com/yz4mo8u
A près avoir fait état
de deux études critiques relatives à la vertébroplastie chez la personne âgée,
voici une publication qui lui est favorable à l'adresse :
Rappel des deux études
citées ci-dessus :
Kallmes
DF, Comstock BA, Heagerty PJ, Turner JA, Wilson DJ, Diamond TH, Edwards R, Gray
LA, Stout L, Owen S, Hollingworth W, Ghdoke B, Annesley-Williams DJ, Ralston SH,
Jarvik JG. A
randomized trial of vertebroplasty for osteoporotic spinal
fractures. N Engl J Med. 2009
Aug 6;361(6):569-79.
Buchbinder
R, Osborne RH, Ebeling PR, Wark JD, Mitchell P, Wriedt C, Graves S, Staples MP,
Murphy B. A randomized trial of vertebroplasty for painful osteoporotic
vertebral fractures. N Engl J Med. 2009 Aug 6;361(6):557-68.
Malgré son utilisation
très répandue, le mécanisme d'action du paracétamol demeure encore difficile à
appréhender. Pour Pickering (Pickering, 2008), l'hypothèse centrale doit être
privilégiée. A partir d'une étude chez des volontaires sains, cet auteur conclut
que le paracétamol renforce l'action des voies inhibitrices descendantes de la
douleur. Cette hypothèse sous-tend qu'un mécanisme supraspinal serait impliqué
dans l'action de cet antalgique de prescription quotidienne.
Remarque de l’auteur
de ce site : les voies monoaminergiques descendantes sont connues pour jouer un
rôle dans la limitation des douleurs neuropathiques. Cette considération est à
la base théorique de l’utilisation des antidépresseurs tricycliques dans ce type
de douleurs. Il est intéressant de constater qu’un médicament ayant une
réputation antinociceptive puisse trouver ici une cible.
Source :
Le 9 octobre 2009, Pickering (Pickering, 2009) fait état des travaux de Scherder. Selon Scherder (Scherder et al, 2003) les diverses démences n’affecteraient pas de manière équivalente les zones cérébrales impliquées dans la douleur.
Dans la maladie d’Alzheimer et encore plus dans la démence fronto-temporale, on pourrait observer une diminution des composantes affectives et motivationnelles alors que les démences vasculaires s’accompagneraient d’un accroissement de la composante affective.
Commentaires de l’auteur de ce site : l’analyse des diverses composantes des douleurs mises en relation avec les divers états démentiels représente une voie prometteuse dans la prise en charge quotidienne et dans les perspectives de recherche dans le domaine des modifications neuropathologiques impliquant les démences et les douleurs.
Sources :
Pickering G. Epidémiologie et modifications de la douleur au cours du vieillissement. Journée thématique douleur de la SFETD. Douleur et Gériatrie. La douleur chez la personne âgée. 9 octobre 2009, Paris.
Scherder EJ, Sergeant JA, Swaab DF. Pain processing in dementia and its
relation to neuropathology. Lancet Neurol. 2003 Nov;2(11):677-86. Review.
La maison de l'autonomie, site de professionnels des domaines du handicap, de la gérontologie et de la presse spécialisée.
Législation utile pour la fin de la vie
En 2010, le mélange équimoléculaire de protoxyde d'azote et d'oxygène sort progressivement d'une utilisation hospitalière exclusive.
Voir aussi le remarquable DVD sur ce thème, incluant l'utilisation chez la personne âgée, édité par le CNRD et que l'on peut visionner sur Internet à partir du lien suivant : http://www.cnrd.fr/-FILMS-MEOPA-.html
Source :
Je viens d'y ajouter le timed up and go test.
Les outils d'évaluation des pratiques
Bien que menée chez des patients dont l'âge moyen était de 40 ans, cette étude a le mérite de nous éclairer un peu sur l'incertitude rencontrée sur le terrain quant à l'efficacité aléatoire des AINS au cours des lombalgies chez la personne âgée.
Source :
Hancock MJ, Maher CG, Latimer J, McLachlan AJ, Day RO, Davies RA. Can predictors of response to NSAIDs be identified in patients with acute low back pain? Clin J Pain. 2009 Oct;25(8):659-65.
Sources :
Cole LJ, Farrell MJ, Gibson SJ, Egan GF.
Age-related differences in pain sensitivity and regional brain activity evoked
by noxious pressure. Neurobiol Aging. 2008 May 28.
Pickering G. Epidémiologie et modifications de la
douleur au cours du vieillissement. Journée thématique douleur de la SFETD.
Douleur et Gériatrie. La douleur chez la personne âgée. 9 octobre 2009,
Paris.
C'est ce que suggère l'étude de Nishino et al (Nishino et al, 2009). Ces auteurs étudient d'une part le seuil de la douleur ainsi que le seuil de tolérance à la douleur pour un stimulus froid. D'autre part, ils mesurent le temps nécessaire à une sensation pénible en apnée et le temps d'apnée total possible chez des sujets volontaires.
Le temps d'apnée sans sensation pénible était significativement plus court chez les patients les plus sensibles au stimulus douloureux.
Par contre il n'existait pas de corrélation entre les seuils de tolérance à la douleur et le temps d'apnée total possible.
Commentaire de l'auteur de ce site :
Intéressante étude qui a le mérite de vérifier une observation clinique empirique : celle d'une sensibilité variable, interindividuelle, aux agressions. Avec ici une limite quant à la tolérance qui ne semble pas modifiée.
Source : Nishino T, Yashiro E, Yogo H, Isono S, Shinozuka N, Ishikawa T. Comparison of pain and dyspnea perceptual responses in healthy subjects. Pain. 2009 Dec 22.
Enfin une étude confirmant une observation clinique classique relative à l'hétéro-évaluation.
Nous serions inégaux devant la douleur de nos semblables. C'est ce que nous suggère l'étude de Osborne (Osborne et al, 2009).
Des images ou de courts clips montrant des situations douloureuses sont présentées à des sujets non douloureux. Approximativement un tiers d'entre eux font état d'une authentique expérience douloureuse lors du visionnement de ces scènes. Parmi les « répondeurs », dix d'entre eux sont comparés à deux « non-répondeurs » dans une étude avec IRM encéphalique. On présente alors à tous les sujets des images fixes de situations douloureuses. Les répondeurs activent des aires cérébrales en relation avec les sensations et les émotions éprouvées lors d'une expérience douloureuse. Ceci contraste avec les non-répondeurs qui activent très peu ces zones.
Commentaire de l'auteur de ce site :
Cette étude est fort instructive quant aux disparités observées lors de l'hétéro-évaluation de la douleur chez la personne âgée non verbalisante. La subjectivité de l'observateur est donc un élément majeur de l'appréciation clinique.
Seul un travail en équipe pourra pondérer, si possible, la sensibilité individuelle variable à la douleur de l'Autre. Sans compter avec les relations entre le patient et les soignants, les soignants et la famille du soigné, la famille et le soigné, les diverses équipes soignantes entre elles, les variations intra-individuelles chronologiques, les variations pharmacocinétiques et pharmacodynamiques des antalgiques. Aucune grille d'hétéro-évaluation, aussi utile soit-elle ne viendra donner un score indiscutable.
Source :
Osborn J, Derbyshire SW. Pain sensation evoked by observing injury in others. School of Psychology, University of Birmingham, Edgbaston B15 2TT, UK. Pain.. en cours de publication.
Noter la présentation très soignée et un contenu fort utile.
Mise en ligne de l'annonce de la journée du 5 décembre 2009 à Albi relative aux charlatans.
Mise en ligne de l'annonce de la journée du 5 février 2010 à Paris relatve aux " ENJEUX ETHIQUES DU PROGRES DANS LE CHAMP DE LA SANTE ET DES MALADIES GRAVES" et bulletin d'inscription.
Mise à jour de la page relative aux contentions :
http://geriatrie-albi.com/contentionfauteuil.html
Comment expliquer
la difficulté à supprimer les barrières de lit ou à diminuer leur usage, même
lorsqu’elles ne s’avèrent pas nécessaires ?
Outre les
avantages décrits ci-dessus, les barrières de lit équipent systématiquement les
lits des résidents, contrairement à la contention au fauteuil qui doit être
installée de surcroît.
De plus, la surveillance d'un résident dans son lit est plus problématique car ce dernier se trouve par définition dans sa chambre, donc souvent hors de vue des soignants ou des visiteurs. La tentation de mettre en place un dispositif "de sécurité" sera donc plus grande. Pendant la nuit, les résidents se trouvent dans leur lit. Hors, cette période est la plus démunie en personnel, phénomène aggravant.
Les barrières de lit permettent parfois de mieux caler un oreiller ou des coussins de confort.
Par ailleurs, la
majorité des résidents sont concernés par les barrières. Un effet "boule de
neige" ou d'automatisme conduit donc à relever les barrières par principe.
La prescription médicale est encore inconstante. Contrairement aux recommandations, ce thème n’est pas encore toujours abordé avec le résident et sa famille.
Leveille (Leveille SG et al,
2009) établit une relation significative entre d’une part le nombre de sites
articulaires douloureux, la sévérité de la douleur et les retentissements sur
les actes de la vie quotidienne et d’autre part le risque de chute dans une population de 7449
personnes âgées de plus de 70 ans suivies de septembre 2005 à janvier 2008 en
dehors des institutions.
Commentaires de l’auteur de ce
site : un facteur confondant pourrait être l’altération orthopédique de
l’équilibre et de la marche chez ces patients douloureux. Admettons toutefois
que la sommation de ces troubles avec la douleur puisse être inductrice d’un
accroissement du risque de chute.
Source :
Leveille
SG, Jones
RN, Kiely
DK, Hausdorff
JM, Shmerling
RH, Guralnik
JM, Kiel
DP, Lipsitz
LA, Bean
JF. Chronic musculoskeletal pain and the occurrence of falls in an
older population. JAMA.
2009 Nov 25;302(20):2214-21.
Source : Achterberg WP, Gambassi G, Finne-Soveri H, Liperoti R, Noro A, Frijters DH, Cherubini A, Dell'aquila G, Ribbe MW. Pain in European long-term care facilities: Cross-national study in Finland, Italy and the Netherlands. Pain. 2009 Nov 10.
Sources :
Perrot S. Particularités du traitement de la douleur ostéoarticulaire. Journée thématique douleur de la SFETD. Douleur et Gériatrie. La douleur chez la personne âgée. 9 octobre 2009, Paris.
Priano L, Gasco MR, Mauro A. Transdermal treatment options for neurological disorders: impact on the elderly. Drugs Aging. 2006;23(5):357-75.
L’oxycodone
est présentée d’une part sous la forme d’OXYNORM* (per os ou injectable) et
d’autre part d’OXYCONTIN LP pour la présentation à libération
modifiée.
L’analogie
des noms de la présentation à libération immédiate et de la présentation
injectable, toutes deux dénommées OXYNORM* peut être une source de confusion. Le
risque est d’abord celui d’un doublement involontaire des doses si la
prescription de la voie orale est interprétée par erreur comme une injection ou
bien si le prescripteur ne précise pas la voie d’administration
souhaitée.
Cet
inconvénient n’existe pas avec la morphine ou le fentanyl.
Source :
expérience personnelle.
0 800 800 201
Peut-être un exemple à suivre dans d'autres départements français.
Pour en savoir plus : page 1, page 2.
L'utilisation des AINS serait-elle corrélée avec une augmentation du risque
des chutes chez la personne âgée ? C'est ce que laisse entendre une métaanalyse
entreprise par Hegeman (Hegeman et al, 2009) citée par Perrot (Perrot S,
2009).
L'auteur constate toutefois qu'il conviendrait de mener des études
complémentaires dont la méthodologie serait moins discutable.
Commentaires
de l'auteur de ce site : cette publication amène à une nouvelle réflexion dans
le domaine de la prescription des AINS. Il convient de s'interroger aussi sur un
biais éventuel lié aux circonstances orthopédiques et douloureuses dans
lesquelles s'effectue la prescription des AINS.
Sources :
Hegeman
J, van den Bemt BJ, Duysens J, van Limbeek J. NSAIDs and the risk of accidental
falls in the elderly: a systematic review. Drug Saf. 2009;32(6):489-98.
Perrot S. Particularités du traitement de la douleur ostéoarticulaire.
Journée thématique douleur de la SFETD. Douleur et Gériatrie. La douleur chez la
personne âgée. 9 octobre 2009, Paris.
Selon Perrot (Perrot S, 2009), l'utilisation de la morphine dans les douleurs rhumatismales chroniques devrait obéir à des règles strictes de prudence chez la personne âgée. Pour cet auteur, une progression de 10 mg de morphine per os tous les 14 jours est une attitude à recommander. Par ailleurs, cet auteur préconise de fonder éventuellement la surveillance sur le périmètre de marche effectué (amélioration fonctionnelle) plutôt que sur l'évaluation de la douleur stricto sensu.
Source :
Perrot S. Particularités du traitement de la douleur ostéoarticulaire. Journée thématique douleur de la SFETD. Douleur et Gériatrie. La douleur chez la personne âgée. 9 octobre 2009, Paris.
Désormais, le DUROGESIC* a l'AMM pour des douleurs cancéreuses et aussi en dehors des douleurs cancéreuses. La dernière mise à jour du Vidal précise : "Durogesic est indiqué dans le traitement des douleurs chroniques sévères qui ne peuvent être correctement traitées que par des analgésiques opioïdes".
Inconvénients des grilles d'hétéro-évaluation
L'expérience montre à souhait l'hétérogénéité des cotations de la douleur chez un même patient, en particulier pour les mêmes gestes douloureux. Pour Jean (Jean A. 2002), le biais de l'hétéro-évaluation de la douleur chez les patients non communicants réside dans la douleur du soignant lui-même. Pour Bruxelle (Bruxelle, 2009), la cotation dépend aussi de la relation entre le soigné et le soignant. Il en est ainsi d'une comorbidité de dépression qui, par exemple, pourra "faire passer" une EN de 4 à 8.
Attacher trop d'importance à un score peut
être réducteur. Selon Keela Herr (Herr K, 2002), un problème relatif aux outils comportementaux
d'hétéro-évaluation de la douleur comportant un score est la grande variabilité
de symptômes suivant les patients. En effet, des patients peuvent manifester un
comportement unique qui peut être qualifié de "signature de la douleur". Par
exemple, un malade montre des signes de repli sur soi et bouge dans son lit,
alors qu'un autre deviendra agressif et fera les cent pas.
Sources :
Jean A. et le groupe ECPA. L'hétéro-évaluation de la douleur du sujet âgé en institution gériatrique : l'échelle ECPA in La douleur des femmes et des hommes âgés. Sebag-Lanoë R., Wary B., Mischlich D. MASSON, Paris 2002, Chapitre 15, pp 226-233.
Bruxelle J. Discussion des communications relatives à l'hétéro-évaluation de la douleur. Journée thématique douleur de la SFETD. Douleur et Gériatrie. La douleur chez la personne âgée. 9 octobre 2009, Paris.
Herr K. Pain Control: Pain Assessment in Cognitively Impaired Older Adults. AJN, American Journal of Nursing. December 2002. Volume 102 Number 12. Pages 65 - 68
A propos de l'auto-évaluation assistée :
Par convention personnelle, afin de la distinguer des autres EVS, nous proposons de dénommer l'EVS que nous utilisons depuis 2002 du nom de notre ville : EVS-Albi (version pdf). Nous l'employons sous la forme d'une grille de surveillance avec d'une part une mesure au repos et d'autre part une mesure lors des mouvements et des soins qui correspond le plus souvent à la douleur maximale enregistrée.
A propos de l'hétéro-évaluation :
La difficulté la
plus courante est de distinguer d'une part une mesure au repos et d'autre part
une mesure lors des mouvements et des soins, cette
dernière circonstance étant en pratique la plus fréquente à l’origine de la
provocation ou à l’exacerbation des douleurs sur un mode aigu. Pour cette
raison, nous utilisons depuis peu un outil dérivé que nous dénommons ALGOPLUS-Albi afin
de le distinguer de l'ALGOPLUS classique. Notre outil compare les signes observés au repos et au mouvement afin de mieux
discerner les changements induits par les mobilisations et les soins qui en sont
les principaux pourvoyeurs. A noter toutefois que cette méthode n’est pas
validée, contrairement à l’ALGOPLUS seul qui, après avoir été validé, revendique
sa reconnaissance par l'HAS.
En
2009 quatre spécialités sont disponibles sur
le marché français : Kalinox®, Entonox®, Antasol® et Oxynox®.
Les bouteilles de MEOPA doivent être conservées à une température
comprise entre 0 et
L’inconstance du métabolisme du tramadol et de la
codéine est liée à des variantes du CYP2D6. Or, certains médicaments sont de
puissants inhibiteurs de cette enzyme. Parmi ces substances, les plus utilisées
sont l’amiodarone, la paroxétine et la rispéridone ; voir une liste plus
complète dans la publication ci-jointe.
Un essai clinique doit démarrer le 21 octobre 2009 sur 3 sites : Caen, Rouen et Créteil.
Il vise à détecter les caractéristiques des patients minoritaires (5 à 10 % des "caucasiens") qui métabolisent mal la codéine et le tramadol. Après le retrait du dextropropoxyphène, seules ces deux molécules représenteront le palier 2.
Dans le cas du tramadol, cette détection est d'autant plus importante que le métabolite actif (le O-demethyl-tramadol) est 2 à 4 fois plus puissant que le tramadol lui-même.
Contacter pour tout renseignement le Dr Blandine de la Gastine à l'adresse : delagastine-b@chu-caen.fr
Le site de référence en Gérontologie est tarnais. Il s'agit du site du Docteur Lucien Mias.
Mise en ligne de la version de l'outil Algoplus appliqué au repos puis lors des mouvements ou des soins. Cette démarche nous semble utile afin de discriminer les symptômes nouveaux apparaissant lors des douleurs incidentes provoquées par les mouvements ou les soins.
http://www.geriatrie-albi.fr/ALGOPLUS-SLD-ALBIoct2009.doc
Rappel : l’Algoplus, de conception plus récente que le Doloplus, possède le mérite d’une simplicité accrue. Testé tout d’abord aux Urgences, il peut constituer un outil simple de dépistage et de suivi thérapeutique en institution. Nous l’utilisons en effectuant un score au repos et un score lors des mouvements ou des soins.
Attention : cette approche, qui s'apparente à celle du CNPI américain, n'est pas validée.
Toutefois, l’évaluation de la douleur ne peut pas se réduire à la pratique d’échelles standardisées, voire validées. Elle nécessite une approche clinique multifactorielle rigoureuse bien plus complexe que le simple renseignement d'une grille. Les outils en cours de développement trouvent leur principal intérêt dans le dépistage et dans le suivi de l'efficacité thérapeutique. Ils ont aussi le mérite d’impliquer l’ensemble de l’équipe soignante dans une indispensable démarche pluridisciplinaire. Par exemple, le prescripteur est rarement présent lors des toilettes douloureuses, des soins de kinésithérapie et même des soins d'escarres.
L'écoute et la pluridisciplinarité ne sont pas seulement souhaitables. Elles sont indispensables, ici comme toujours.
Association Tarnaise de Gérontologie
Association de Réflexion En Soins Palliatifs (ARESP)
15, avenue de Gérone 81000 ALBI
Tel : 05 63 47 97 59
Dans une série
de 82 femmes and 56 hommes, de moyenne d’âge 71.8 ans, Gil (Gil et al, 2003)
font l’observation suivante : quand les leucocytes sont supérieurs à 10 000/mm3 et si les éosinophiles sont
inférieurs à 40/mm3, la valeur prédictive pour une infection bactérienne est de
100 % ainsi que la spécificité.
Au cours de
l’épidémie de grippe à H1N1, des auteurs mexicains (Perez-Padilla et al, 2009)
ont noté chez 18 patients atteints une augmentation des LDH, une élévation des
CPK chez 62 % et une lymphopénie chez 61 % d’entre
eux.
Commentaire de
l’auteur de ce site : bien que ces données ne soient pas forcément spécifiques,
en particulier celles observées dans l’épidémie à H1N1, il peut s’agir ici d’une
aide à la suspicion de diagnostic devant des tableaux infectieux qui sont
fréquents hors période épidémique en EHPAD et en
SLD.
Sources :
Gil H, Magy N,
Mauny F, Dupond JL. Valeur de l'éosinopénie dans le diagnostic des syndromes
inflammatoires : un « vieux » marqueur revisité. Rev Med Interne. 2003
Jul;24(7):431-5.
Perez-Padilla
R, de la Rosa-Zamboni D, Ponce de Leon S, Hernandez M, Quiñones-Falconi F,
Bautista E, Ramirez-Venegas A, Rojas-Serrano J, Ormsby CE,Corrales A, Higuera A,
Mondragon E, Cordova-Villalobos JA; INER Working Group on Influenza. Pneumonia
and respiratory failure from swine-origin influenza A (H1N1)in
Source :
Neogi T,
Felson D, Niu J, Nevitt M, Lewis CE, Aliabadi P, Sack B, Torner J,
Bradley L,
Zhang Y. Association between radiographic features of knee osteoarthritis and
pain: results from two cohort studies. BMJ. 2009 Aug 21;339:b2844. doi:
10.1136/bmj.b2844.
Mise
à Jour (MAJ) du 25 août 2009.
Après
la publication de l’étude australienne de Buchbinder (Buchbinder et al, 2009), encore des résultats peu
enthousiastes, cette fois américains (Kallmes et al, 2009), relatifs à la
vertébroplastie chez des patients présentant un tassement vertébral
ostéoporotique : pas de différence dans l'amélioration de la douleur ni dans
l'incapacité qui lui est liée entre le groupe ayant « bénéficié »
d’une technique simulée et celui qui a été traité « convenablement ».
Cette dernière étude est d’autant plus intéressante qu’elle a été menée en
cross over.
Source
:
Buchbinder
R, Osborne RH, Ebeling PR, Wark JD, Mitchell P, Wriedt C, Graves S, Staples MP,
Murphy B. A randomized trial of vertebroplasty for painful osteoporotic vertebral
fractures. N Engl J Med. 2009 Aug 6;361(6):557-68.
Kallmes
DF, Comstock BA, Heagerty PJ, Turner JA, Wilson DJ, Diamond TH, Edwards R, Gray
LA, Stout L, Owen S, Hollingworth W, Ghdoke B, Annesley-Williams DJ, Ralston
SH, Jarvik JG. A randomized trial
of vertebroplasty for osteoporotic spinal fractures. N Engl J
Med. 2009 Aug 6;361(6):569-79.
Selon Heiskanen
(Heiskanen et al, 2009), l’absorption de fentanyl transdermique est diminuée
chez dix patients cancéreux cachectiques (BMI moyen : 16) par rapport à dix
patients cancéreux non cachectiques (BMI moyen :
23).
Le mécanisme n’est pas élucidé.
Source :
Heiskanen T, Mätzke S, Haakana S, Gergov M, Vuori E, Kalso E. Transdermal fentanyl in cachectic cancer patients. Pain. 2009 Jul;144(1-2):218-22.
Nous vous proposons le texte suivant, rédigé en équipe par des gériatres.
Si vous êtes d'accord, vous pouvez apporter votre signature.
Précisons toutefois que le texte et les signatures seront diffusés le plus largement possible à l'extérieur de la profession à la rentrée : presse, associations, syndicats, secrétariat d'Etat ...
Ci-dessous
un formulaire de signature à remplir par copier-collé dans un traitement de
texte et à adresser à :
· ou
possibilité de laisser
un message au 05 63 47 44 60
·
Ou
encore d'écrire à :
Docteur
Bernard Pradines
Service
de Soins de Longue Durée
Centre
Hospitalier
81013
ALBI Cedex
Formulaire
de signature :
Oui
je suis solidaire avec le contenu du manifeste « coupe
réglée ».
Nom
:
Prénom
:
Profession :
Lieu
d'exercice :
Adresse mail :
78
patients ont été
inclus dans deux groupes comparables par
le nombre pour un suivi de 6 mois après
une fracture vertébrale
ostéoporotique
douloureuse.
Selon
les auteurs, la vertébroplastie
n’a
pas été
suivie d’une
amélioration
significativement meilleure que celle du groupe qui avait « bénéficié »
d’une
procédure
simulée.
La douleur a diminué
dans des proportions comparables sur une échelle
numérique.
Mêmes
améliorations
dans les deux groupes sur la douleur nocturne ou au repos, les fonctions
physiques, la qualité
de vie et l’amélioration
subjective.
Les auteurs concluent à une absence d’amélioration à 1 semaine ou à 1, 3, or 6 mois après le traitement.
Source :
La
FDA (Food and Drug Administration) vient de se prononcer les 29 et 30 juin 2009
contre la prescription d’associations combinant du paracétamol et des opioïdes,
en l’occurrence aux USA le VICODIN * (hydrocodone et paracétamol) et le
PERCOCET* (oxycodone et paracétamol). La FDA indique que 60 % des décès liés au
paracétamol sont associés à la prescription de ces produits. La FDA reconnaît
que le paracétamol est une substance importante dans le traitement de la douleur
et de la fièvre. Pourtant, les cas de toxicité hépatique du paracétamol sont
devenus un problème de santé publique, que ce soit avec ou sans
prescription.
A
l’heure actuelle, la FDA n’a pas pris une décision définitive de retrait des
associations contenant du paracétamol
mais une réflexion est en cours à ce sujet.
A
propos de propoxyphène, la FDA ne recommande pas son retrait. Toutefois, elle
compte entreprendre plusieurs types d’actions. D’une part l’obligation de placer
un avertissement sur la boite du médicament. Par ailleurs, les fabricants seront
tenus de procurer au patient un guide du médicament afin d’insister sur
l’importance d’une bonne utilisation.
Enfin, la FDA demande que de nouvelles études soient
entreprises afin d’aborder les questions
demeurés sans réponse, en particulier la toxicité cardiaque du propoxyphène à
des doses supérieures à la posologie maximale autorisée.
Parmi ces études, on relève celle qui s’intéresse à la fréquence des décès et des fractures de hanche chez la personne âgée sous propoxyphène-paracétamol par rapport aux patients utilisant d’autres analgésiques.
Sources : voir fichiers liés. Propoxyphène, paracétamol.
Merci encore à l'infirmière américaine, Barbara Acello, qui me fait parvenir les aspects nouveaux de la prise en charge de la douleur des personnes âgées aux USA.
Trois opioïdes “faibles” du palier 2 de l’OMS sont associés avec du paracétamol en France : le dextropropoxyphène en voie d’extinction, le tramadol et la codéine (DXP+P, TRM+P et COD+P ). Ces combinaisons sont impliquées dans des effets indésirables mais aucune donnée n’était disponible jusqu'à présent concernant leur incidence relative suivant chaque analgésique.
Tous les cas rapportés spontanément à la Pharmacovigilance française du 1er janvier 1987 au 31 décembre 2006 ont été étudiés. La consommation pour la même période a été obtenue de l’Agence Française du Médicament. Le nombre d’effets indésirables (EI), d’EI graves et d'EI selon les diverses catégories d’organes ont été comparés à leur consommation.
Le taux rapporté d’EI était de 24.9/100 000 personnes-années pour DXP+P, 44.5/100 000 personnes-années pour TRM+P et 12.5/100 000 personnes-années pour COD+P. Le taux d’EI graves était significativement plus élevé pour TRM+P que pour DXP+P. Toutefois, les EI hépatobiliaires étaient plus fréquents avec DXP+P. Le taux d’EI graves était significativement plus élevé pour DXP+P que pour COD+P.
En somme, parmi les trois combinaisons associant du paracétamol à un opioïde de palier 2, les taux rapportés d’EI et d’EI graves sont les plus élevés avec le tramadol et les plus bas avec la codéine.
http://www.mesotheliomanews.com/2009/07/11/abstral-released-in-france/
la commercialisation d'une présentation française de fentanyl sublingual serait imminente : ABSTRAL*
Commentaires de l'auteur de ce site :
- forme galénique plus intéressante que l'ACTIQ,
- indication limitée aux douleurs cancéreuses, comme à l'ordinaire avec ce type de substance à l'exclusion de la morphine,
- à notre connaissance, pas d'étude spécifique chez la personne âgée, en dehors des cancers ou encore lors de l'utilisation en prémédication avant un geste douloureux.
Conseil d’administration
et bureau élus le 29 juin 2009
Madame
Madeleine RAYNAUD, bénévole, présidente d’Honneur,
Madame
Françoise CAZAURANG, aide-soignante, secrétaire
Monsieur
René MANTEAU, infirmier, président
Docteur
Bernard PRADINES, médecin, trésorier
Vice-Présidents
:
Madame
Marthe CANDEIL, bénévole,
Madame
Lily GROC, bénévole,
Madame
Christiane GUIBERT, bénévole,
Madame
Danielle SANCHEZ, bénévole,
Monsieur
Gérard ANDRIEU, bénévole,
Membre
du bureau sans titre :
Monsieur
Domingo CASADO, résident,
Monsieur
Jean-Pierre JALAMA, résident.
Membres
du Conseil d’Administration sans être membre du bureau :
Madame
Michèle BAYSSE, anciennement membre d’une famille de résident
|
Téléchargement très long (49 Mo) |
Pour Kohr (Kohr et al, 2009), les preuves s’accumulent d’une responsabilité du système immunitaire dans le développement de ce syndrome. Cet auteur teste les sérums de 30 patients souffrant de cette pathologie (SRC), 30 volontaires sains et 20 souffrant d’une neuropathie. Des auto-anticorps dirigés contre les neurones impliqués dans le système neuro-végétatif ont été retrouvés chez 13 patients souffrant d’un SRC, aucun chez les volontaires sains et un seul des patients souffrant de neuropathie. Cette étude, qui mérite d’être confirmée, pourrait avoir des conséquences thérapeutiques intéressantes dans le traitement toujours difficile des SRC.
Source :
Kohr D, Tschernatsch M, Schmitz K, Singh P, Kaps M, Schäfer KH, Diener M, Mathies J, Matz O, Kummer W, Maihöfner C, Fritz T, Birklein F, Blaes F. Autoantibodies in complex regional pain syndrome bind to a differentiation-dependent neuronal surface autoantigen. Pain. 2009 Apr 15.le 26 avril 2009.
Pour Rittner (Rittner et al,
2009), plusieurs études in vitro et chez l'animal ont démontré un effet
immunosuppresseur des opioïdes et un risque accru d'infection. Toutefois,
d'après cet auteur, les études chez l'animal et chez l'homme sont trop peu
robustes, surtout car elles incluent un trop petit nombre de sujets. Ainsi, une
relation causale entre traitement opioïde et infection ne peut pas être ni
démontrée, ni exclue.
Rittner HL, Brack A.
Opioidinduzierte immunosuppression. Anaesthesist. 2009
Jan;58(1):7-15.
Sacerdote P. Opioid-induced
immunosuppression. Curr Opin Support Palliat Care. 2008
Mar;2(1):14-8.
Les différences de prévalence et d’intensité de la douleur en fonction du sexe ont fait l’objet de nombreuses études et interrogations. Celle de Tsai (Tsai, 2007) s’intéresse à 199 personnes âgées à Taiwan souffrant de gonarthrose. Pour cet auteur, ce sont les symptômes dépressifs qui seraient à l’origine de la différence de prévalence et d’intensité douloureuse suivant les sexes. Ceci en défaveur des femmes.
Commentaires de l’auteur de ce site : longtemps potentiellement suspectes d’a priori sexiste, les études semblent de plus en plus confirmer l’inégalité des genres devant la douleur. Si la dépression est un facteur soupçonné à l’origine de ces inégalités, ceci a le mérite de nous rappeler la nécessaire prise en charge de la douleur qui inclue la composante thymique ou encore la comorbidité dépressive.
Source :
Tsai YF. Gender differences in pain and depressive tendency among Chinese elders with knee osteoarthritis. Pain. 2007 Jul;130(1-2):188-94.
Tous les opioïdes sont éliminés par un métabolisme impliquant
principalement le CYP2D6 hautement polymorphique. Dans bien des cas, les
métabolites ont la même activité pharmacologique que l’opioïde parent. Pourtant,
les concentrations plasmatiques du métabolite sont souvent trop faibles pour
posséder un effet significatif. Ces métabolites sont invariablement plus
hydrosolubles et nécessitent donc une clairance rénale correcte pour être
éliminés.
De tels métabolites peuvent ainsi s’accumuler chez la personne âgée.
L’exemple le plus connu est celui du morphine-6-glucuronide issu du métabolisme
de la morphine. Autres exemples : la norpéthidine, un agent neurotoxique, et le
nordextropropoxyphène, un agent cardiotoxique.
Commentaires de l’auteur de ce site :
La mesure de la clairance de la créatinine est indispensable lors de
l’initiation et de l’adaptation d’un traitement opioïde. Les incertitudes sur le
métabolisme des morphiniques pourraient expliquer le succès de certaines
« rotations des opioïdes ». Cette « rotation » doit être d’autant plus prudente
et surveillée que les équivalences sont mal définies, probablement en partie du
fait des variations métaboliques.
Source :
Coller JK, Christrup LL, Somogyi AA. Role of active metabolites in the
use of opioids. Eur J Clin Pharmacol. 2009
Feb;65(2):121-39.
- Mise en ligne d'un lien vers la publication originale des Recommandations de la Société Américaine de Gériatrie (AGS) publiées en juin 2002 relatives à la prise en charge de la douleur persistante chez les personnes âgées : http://www.americangeriatrics.org/products/positionpapers/JGS5071.pdf
- Remise en ligne, après incident, des recommandations de Limoges de 1999, toujours d'actualité : http://geriatrie-albi.com/Limoges190299.htm
Pour Brefel-Courbon et
al (2009), dans une étude de prévalence menée par une équipe toulousaine
(France), la prescription chronique de médicaments analgésiques est plus
fréquente chez les patients parkinsoniens (33 %) que dans la population générale
(20 %) et chez les diabétiques (26 %) et identique en prévalence à celle des
patients qui souffrent d'arthrose. Ainsi, le parkinsoniens sont plus à même de
consommer de manière chronique des opiacés, du paracétamol ou encore des
adjuvants.
Source
:
Brefel-Courbon C, Grolleau S, Thalamas C, Bourrel R, Allaria-Lapierre V, Loï R, Micallef-Roll J, Lapeyre-Mestre M. Comparison of chronic analgesic drugs prevalence in Parkinson's disease, other chronic diseases and the general population. Pain. 2009 Jan;141(1-2):14-8.
http://www.geriatrie-albi.fr/emla_ametop_hpc-cps-fra.pdf
Dans ce contexte, il convient de
respecter les posologies recommandées par le dictionnaire Vidal (ci-dessous le
Vidal 2009) :
|
Age |
Dose recommandée
|
Durée minimale d'application
|
Dose maximale
|
Durée maximale d'application
|
|
Adulte
et enfant > 12 ans |
- pour des
actes portant sur de petites surfaces : 2 à 3 g |
1 heure
|
|
4 heures**
|
Source : Ranovona René, Abadie M, Le Pallec G, Ranovona C, Doucet F, Abbas N, Maugourd MF. Soins courants douloureux et soins palliatifs. La Revue de Gériatrie, tome 34, n°1, janvier 2009, pp 67-71.le 22 février 2009.
C) Approche psychopathologique
Selon Blond (Blond, 2007) "la pratique psychiatrique générale nous montre que les troubles du comportement sont très classiques dans de nombreuses maladies mentales. En fait, le comportement se trouble chaque fois qu’une tension psychique trop intense vient déborder les défenses psychologiques habituelles et que le chemin de la mentalisation devient impraticable. Les défenses comportementales, peu élaborées, contournent la mentalisation et échappent ainsi à la conscience de celui qui les agit."
Source : Blond JC. Que sont les troubles du comportement pour le psychiatre ? Dans les coulisses de la scène comportementale. La Revue de Gériatrie, Tome 32, N°6 JUIN 2007, pp 457-60.
Closs (Closs et al, 2008), de l'université de Leeds, étudie dans quelle mesure l'âge influence une moindre prise en charge de la douleur dans la maladie cancéreuse. Pour cela, cet auteur compare 58 patients âgés de 75 ans ou davantage et 32 de 60 ans ou moins. Des facteurs défavorables tels qu'une moindre connaissance des analgésiques, la réticence à communiquer avec l'équipe médicale, un statut fonctionnel moins performant et le fait de vivre seul suggèrent que les patients âgés nécessitent une assistance plus importante que les sujets jeunes quant au traitement médicamenteux de la douleur.
Source :
Closs SJ, Chatwin J, Bennett MI. Cancer pain management at home (II): does age influence attitudes towards pain and analgesia? Support Care Cancer. 2008 Dec 6.
Pour Goldstein (Goldstein et al, 2005), la duloxétine (CYMBALTA*) possèderait une action efficace sur les douleurs neuropathiques d'origine diabétique, probablement par action inhibitrice descendante. Ceci dès la dose quotidienne de 60 mg.
Source : Goldstein DJ, Lu Y, Detke MJ, Lee TC, Iyengar S. Duloxetine vs.
placebo in patients with painful diabetic neuropathy. Pain. 2005
Jul;116(1-2):109-18.
Rahme (Rahme al, 2008)
compare l’incidence des hospitalisations pour complications
gastro-intestinales : ulcération, perforation, ou saignement du tractus digestif
-haut ou bas- chez 644 183 patients de pluus de 65 ans sous AINS
« traditionnel », associé ou non au paracétamol, ou encore sous paracétamol,
avec ou sans IPP. Les sujets entraient dans l’étude dès la première prescription
de paracétamol ou d’AINS. La consommation d’aspirine, de clopidogrel et
d’anticoagulants était prise en compte.
De manière
surprenante, les hospitalisations pour ces effets secondaires étaient aussi
fréquentes pour les personnes sous paracétamol + IPP que pour celles sous AINS +
IPP.
Par ailleurs, le
risque était deux fois plus élevé chez les personnes prenant à la fois un AINS
et du paracétamol en combinaison avec un IPP. Ce risque était 2,55 fois plus
élevé sans IPP. Ceci par rapport au groupe de référence ne prenant que du
paracétamol sans IPP.
Source
:
D’après Ginieys (29èmes journées de
Pour Rat (Rat et al,
2008), la validation de l’échelle d'hétéro-évaluation chez la personne âgée
ALGOPLUS est acquise aux Urgences. Toutefois, pour cet auteur, si la sensibilité
de cet outil se manifeste pour un score de 2 sur 5, la spécificité ne pourrait
être obtenue que pour un score de 3 sur 5.
Commentaires de
l’auteur de ce site : l’ALGOPLUS (http://geriatrie-albi.com/FicheALGOPLUSdiffusion.doc) ne distingue pas les signes de douleur au repos et au mouvement,
contrairement au CNPI de Feldt (Feldt, 2000) : http://geriatrie-albi.com/checklist.htm
Or, la difficulté la
plus courante est de distinguer les signes au repos et au mouvement, cette
dernière circonstance étant en pratique la plus fréquente à l’origine de la
provocation ou de l’exacerbation des douleurs sur un mode aigu. Pour cette
raison, nous utilisons depuis peu un outil dérivé (http://www.geriatrie-albi.fr/ALGOPLUS-SLD-ALBInov2008.doc) qui compare les signes observés au repos et au mouvement afin de mieux
discerner les changements induits par les mobilisations et les soins qui en sont
les principaux pourvoyeurs. A noter toutefois que cette méthode n’est pas
validée, contrairement à l’ALGOPLUS seul.
Source :
Rat P, E. Jouve E,
Bonin-Guillaume S, Michel M et F. Capriz-Ribière. Validation d'ALGOPLUS, échelle
comportementale gériatrique de la douleur aiguë, dans des services
d’urgences.
Douleurs du membre fantôme : penser à la mémantine.
Hackworth (Hackworth et al, 2008) fait état de la nette amélioration sous mémantine de douleurs fantômes de membre chez deux patients de 27 et 21 ans. Ces patients avaient bénéficié sans efficacité notable des traitements habituels : opioïdes, ADT, AINS et antiépileptiques. L'action de la mémantine repose sur sa capacité à bloquer l'activité des récepteurs NMDA sans empêcher leur fonctionnement normal. Cette action bénéfique serait d'autant plus efficace que la mémantine aurait été administrée précocement. La mémantine pourrait aussi être efficace dans les syndromes régionaux complexes de type II.
Commentaires de l'auteur de ce site : les doses de mémantine utilisées chez les deux patients jeunes de Hackworth (10 mg matin et soir) correspondent aux posologies utilisées chez les patients âgés normorénaux dans le traitement symptomatique des démences. Dans l'éventualité d'une douleur neuropathique associée à un état démentiel pouvant tous deux relever d'un traitement par mémantine, l'éventualité de cette prescription pourrait être envisagée en complément du traitement habituel.
Source : Hackworth RJ, Tokarz KA, Fowler IM, Wallace SC, Stedje-Larsen ET. Profound pain reduction after induction of memantine treatment in two patients with severe phantom limb pain. Anesth Analg. 2008 Oct;107(4):1377-9.
En lien : notre publication en cours dans la revue NPG relative à la fin de la vie en Soins de Longue Durée.
J'ai reçu l'autorisation de diffusion sur le web en format Word à titre "académique" en précisant que l'article sera publié dans NPG avec l'adresse du site de Sciencedirect.com ou em-consulte.com.
Pour Doubrère (Doubrère, 2008), le traitement des douleurs neuropathiques peut nécessiter l'utilisation de molécules telles que la venlafaxine (EFFEXOR*) à la dose de 100 à 300 mg quotidiens. La duloxétine (CYMBALTA*) possède l'AMM pour les douleurs neuropathiques au cours du diabète sucré.
**********
Pour Doubrère (Doubrère, 2008), la prescription de
morphiniques est légitime au cours des douleurs neuropathiques si les autres
mesures thérapeutiques se sont avérées insuffisantes. Toutefois, cet auteur
souligne la nécessité d’une augmentation progressive des doses car le seuil
d’analgésie requiert une posologie souvent double des celle d’une douleur
comparable par excès de nociception.
Pour Doubrère
(Doubrère, 2008), la gabapentine devrait être utilisée à une dose minimale de
1200 mg quotidiens. A noter qu’une telle posologie devra être atteinte
progressivement. Dans notre clientèle, il n’est pas toujours possible d’y
parvenir du fait des effets secondaires.
Source : Doubrère JF. Douleurs neuropathiques : que faire ? Gérontologie Pratique, septembre 2008, pp 1-4.
Une cause rare de douleur thoracique survenant surtout chez la personne âgée :
quatre publications récentes.
Selon, Jalihal (Jalihal et al, 2008),
l'hématome intramural de l'œsophage survient surtout chez la personne âgée
souffrant d'un trouble de l'hémostase ou bien sous thérapeutique
antithrombotique ou anticoagulante. Malgré sa rareté, cette pathologie mérite
d'être connue car sa symptomatologie se confond avec celle d'autres pathologies
thoraciques plus fréquentes : anévrisme aortique rompu, dissection aortique,
infarctus du myocarde ou pathologie pulmonaire, syndrome de Mallory-Weiss,
syndrome de Boerhaave (Rostrepo et al, 2008). La soupçonner pourrait éviter
l'initiation ou le renforcement d'un traitement anticoagulant (Kimmoun et al,
2008).
Le scanner thoracique (Restrepo et l, 2008) et l'échographie par
fibroscopie oesophagienne (Modi et al, 2005) permettent de poser un diagnostic
souvent difficile.
Sources :
Jalihal A, Jamaludin AZ, Sankarakumar S, Chong VH. Intramural hematoma
of the esophagus: a rare cause of chest pain. Am J Emerg Med. 2008
Sep;26(7):843.e1-2.
Restrepo CS, Lemos DF, Ocazionez D, Moncada R,
Gimenez CR. Intramural hematoma of the esophagus: a pictorial essay. Emerg
Radiol. 2008 Jan;15(1):13-22. Epub 2007 Oct 20.
Kimmoun A, Abboud G,
Steinbach G, Tellaroli JC, Bemer M. Hématome intramural de l'œsophage. Une cause
rare de douleur thoracique. Presse Med. 2008 Mar;37(3 Pt 1):420-3. Epub 2007 Dec
21.
Modi P, Edwards A, Fox B, Rahamim J. Dissecting intramural haematoma
of the oesophagus. European Journal of Cardio-thoracic Surgery 27 (2005)
171-173.
Cours aux aides-soignantes :
Cours aux aides-soignantes :
|
|
|
Au format Word : Visionneuse de Word pour PC |
format pdf (Acrobat Reader) Pour télécharger gratuitement
Acrobat Reader, cliquer sur
l'icône : |
Rüger et al. font état d’une étude
visant à caractériser le mécanisme physiopathologique des douleurs rencontrées
au cours des maladies artérielles périphériques chez 102 patients des stades II
à IV de Fontaine. Les auteurs ont étudié respectivement la douleur dans la
claudication intermittente (CI) et au cours de l’ischémie critique d’un membre
(ICM). Des questionnaires validés (EVA,
NPSI, S-LANSS, PDI, SF-MPQ) ont permis d’effectuer cette
étude.
Les questionnaires d’évaluation de
la douleur neuropathique ont nettement mis en évidence des scores plus élevés
pour l’ICM que pour
Source :
|
Au format Word : Visionneuse de Word pour PC |
format pdf (Acrobat Reader) Pour télécharger gratuitement
Acrobat Reader, cliquer sur
l'icône : |
|
|
|
|
format pdf |
|
2008 |
|
|
Au format Word : Visionneuse de Word pour PC |
Au format ppt : Visionneuse de PowerPoint pour PC |
|
Gaillac 2008 |
|
|
Au format Word : Visionneuse de Word pour PC |
Au format ppt : Visionneuse de PowerPoint pour PC |
|
Turin 2008 |
|
|
format Word |
format pdf |
|
2008 |
La justification en serait de prévenir le déshabillage itératif et la manipulation des excrétions.
Voir : http://geriatrie-albi.com/somcontentions.htm
|
texte de base |
diapositives |
||
|
|
format Word |
format pdf |
|
2008 |
Lu dans le JIM :
"l’efficacité d’un vaccin anti-zona a été évaluée contre placebo chez 380 000 sujets. Ce vaccin qui réduit de 51,3 % l’incidence du zona et de 66,5 % l’incidence des neuropathies post-zostériennes a obtenu une AMM européenne pour la prévention du zona et des névralgies post-zostériennes chez les plus de 60 ans. Il devrait être disponible en France dès 2009." (Dr Julie Perrot).
Trivalle C et coll. : Impact du zona sur la qualité de vie et perspectives du vaccin zona. 6e Congrès Gérosanté (Montpellier) : 6-7 décembre 2007.
Au format pdf et en anglais :
Résumé en français de la publication dans Pain citée en référence ci-dessous :
Nous avons construit et validé
l'Echelle Comportementale d'évaluation de la douleur chez
la
Morello R, Jean A, Alix M, Sellin-Peres D, Fermanian J. A scale to measure pain in non-verbally communicating older patients: the EPCA-2. Study of its psychometric properties. Pain. 2007 Dec 15;133(1-3):87-98.
http://geriatrie-albi.com/ECPAutilisation.htm
Trente quatre patients entre
janvier et juin 2001 à Chambéry, âgés de 53 à 96 ans, d'âge moyen 84 ans,
recevaient du chlorhydrate de morphine (M) ou bien un mélange équimoléculaire de
N2O-O2 (E) ou encore de la morphine additionnée d'un mélange de N2O-O2 (M + E)
pendant des soins douloureux d'escarres ou d'ulcères cutanés au cours d’un
protocole en cross-over.
La morphine était administrée
par voie sous-cutanée 30 minutes avant le début de la procédure à la dose d’un
milligramme pour 10 kgs de poids ou bien à 10 % de la dose quotidienne si le
patient recevait habituellement de la morphine.
Le débit du mélange
équimoléculaire était réglé en fonction du débit respiratoire du patient, en
moyenne à
Les protocoles étaient changés
tous les deux jours (cross over)et l’étude a duré six jours afin d’utiliser les
trois procédures. L’analgésie a été jugée avant et après chaque soin en
utilisant l’échelle ECPA, une EVA (abandonnée car inadéquate), une échelle
« maison » globale d’évaluation de la douleur(GHES)ainsi que le
DOLOPLUS-2.
Il y avait une différence significative entre les trois traitements au profit du mélange équimoléculaire.
Commentaires de l’auteur de ce site :
Intéressante étude qui se
présente comme la première du genre. Elle affirme l’efficacité du mélange
équimoléculaire de N20-O2 dans l’analgésie des soins techniques douloureux le
plus fréquents chez les personnes âgées : les soins
d’escarres.
Par ailleurs, ce travail a le
mérite de mettre en lumière une forte corrélation entre l’ECPA et une échelle
« rudimentaire » comportant des items simples,
Observation intéressante aussi
quant au délai de 5 minutes minimum nécessaires pour obtenir une analgésie
suffisante sous E.
Je pourrai objecter que les
doses de chlorhydrate de morphine du bras M et du bras M + E sont relativement
faibles par rapport à ma pratique quotidienne. Ainsi, 1 mg pour 10 kgs de poids
ou 10 % de la dose quotidienne semblent bien représenter une dose trop faible
pour obtenir une analgésie satisfaisante. Les valeurs des doses incidentes
habituelles de morphine sont davantage de l’ordre de 1/6 ème à 1/3 de la dose
quotidienne. L’objection en est bien sûr la tolérance de telles doses
susceptibles d’occasionner somnolence et anorexie. Je chicanerai aussi
l’administration de morphine probablement trop proche du soin : 30 minutes de
délai sont insuffisantes au regard de la pharmacocinétique de cette substance.
Dans la littérature, quarante cinq minutes sont un délai minimum. En pratique,
soixante minutes sont généralement observées entre l’administration de
l’analgésique et le début du soin douloureux.
Paris A, Horvath R, Basset P, Thiery S, Couturier P, Franco A, Bosson JL. Nitrous oxide-oxygen mixture during care of bedsores and painful ulcers in the elderly: a randomized, crossover, open-label pilot study. J Pain Symptom Manage. 2008 Feb;35(2):171-6.
Mise sur le marché en Europe (pas encore en France) d’un système de délivrance de fentanyl consistant à introduire la substance par voie transdermique à l'aide d'un courant électrique continu : IONSYS*. Ce dispositif est davantage adapté à l’administration aiguë du médicament qu’à son utilisation chronique telle que nous la connaissons actuellement (délivrance dite « passive »).
Ce dispositif comporte la possibilité d’administrer une dose maximale
préréglée. IONSYS* pourrait représenter une alternative à
Selon Mayes (Mayes et al, 2006), il serait ainsi possible d’éviter les dysfonctionnements liés aux pompes de PCA ainsi que les incidents lies aux cathéters intraveineux.
Selon Sinatra (Sinatra, 2005), il s’agit d’un dispositif de la taille d’une carte de crédit permettant, au moyen d’un courant électrique imperceptible de faible intensité, d’administrer la substance à la demande du patient.
Commentaire de l’auteur de ce site : modalité intéressante mais soumise aux incertitudes de la voie transdermique. A ma connaissance, il n’existe pas encore d’étude concernant ce procédé chez la personne âgée.
Sources :
Mayes
S, Ferrone M. Fentanyl HCl patient-controlled iontophoretic transdermal system
for the management of acute postoperative pain. Ann Pharmacother. 2006
Dec;40(12):2178-86.
Sinatra
R. The fentanyl HCl patient-controlled transdermal system (PCTS): an alternative
to
intravenous patient-controlled analgesia in the postoperative setting.
Clin Pharmacokinet. 2005;44 Suppl 1:1-6.
Les cours du Dr Nicolas Saffon pour la Capacité de gérontologie à Toulouse le 14 décembre 2008 :
Physiopathologie de la douleur
http://www.dailymotion.com/Trivalle/video/x43vi4_alzheimer0002_politics
|
|
format Word |
format pdf |
|
2008 |
|
|
Intéressante étude sur 180 patients âgés en
moyenne de 83 ans de MMS médian 18, en comparant EVA et
Doloplus-2.
Les auteurs concluent que 5 items du
Doloplus – 2 pourraient constituer une nouvelle forme abrégée de cet outil
d’hétéro-évaluation, le plus utilisé en France avec
l’ECPA.
Cette version courte, issue d’un choix des
items significativement associés au score à l’EVA dans le modèle de régression
multiple, comporte 3 items de la
dimension somatique :
Plaintes
somatiques
Positions antalgiques au
repos
Protection de zones
douloureuses
et deux de la dimension
psychosociale :
Vie
sociale
Troubles du
Comportement
Les auteurs concluent toutefois que des
études prospectives devraient être entreprises afin de comparer la version
courte et la version complète du Doloplus-2.
Commentaire de l’auteur de ce site : il me
semble toujours difficile d’effectuer une EVA chez des patients sévèrement
atteints par une démence. A quand une étude vs EN ou surtout EVS ? Les résultats
en seraient plus convaincants du fait d'une pratique plus aisée, au moins dans
certaines limites, en cas de démence sévère.
Source :
Pautex S, Herrmann FR, Michon A, Giannakopoulos P, Gold G.
Psychometric properties of the Doloplus-2 observational
pain assessment scale and comparison to self-assessment in hospitalized elderly.
Clin J Pain. 2007
Nov-Dec;23(9):774-9.
Intéressante étude, bien que limitée, relative à la prescription des morphiniques chez les patients souffrant de douleurs non cancéreuses.
Les auteurs mettent en évidence davantage de craintes de la part des internistes que des gériatres au cours d'une étude anonyme menée dans le même centre aux USA.
Les internistes étaient davantage préoccupés que les gériatres par le détournement des opioïdes ainsi que par les possibilités d'addiction. Enfin, ils étaient moins assurés de prescrire la dose adéquate de ces substances.
Il reste à étudier si ces sentiments débouchent sur des attitudes thérapeutiques différentes.
Commentaires de l'auteur de ce site.
Intéressante étude, première du genre à ma connaissance dont des biais peuvent toutefois être soupçonnés : moindre probabilité d'addiction chez la personne âgée du fait de son profil psychologique et du fait de la durée limitée de l'administration, ou encore moindre probabilité de détournement de substances opioïdes. A suivre.
Rappelons qu'en France, les recommandations de Limoges (1999) et de l'AFSSAPS (2004) font autorité dans ce domaine. En ligne sur le site.
Source :
Lin JJ, Alfandre D, Moore C. Physician attitudes toward opioid prescribing
for patients with persistent
noncancer pain.Clin J Pain. 2007
Nov-Dec;23(9):799-803.
|
Cours à la Capacité de Gérontologie (Toulouse, 14 décembre 2007) |
||||
|
Dr Nicolas Saffon |
format Word |
format pdf (Acrobat Reader) |
format PowerPoint |
|
|
|
bientôt en ligne |
|
||
|
|
|
bientôt en ligne |
|
|
|
Dr Bernard Pradines |
format Word |
format pdf (Acrobat Reader) |
format PowerPoint |
Annexes |
|
|
|
annexe 3 : ECPA et annexe 4 : cinétique |
|
|
|
|
||
http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=1384
http://www.geriatrie-albi.fr/lettreARG98.doc
et
http://www.geriatrie-albi.fr/lettreARG98.pdf
Source : McIllmurray. Palliative medicine and the treatment of cancer. Symptom management. Oxford Textbook of palliative medicine. Third Edition. Ed. Doyle Hanks and Cherny Calman, Oxford, 2005, p232.
Attention, ci-dessous : traduction anglais-français par l'auteur de ce site. Cette publication n'est qu'une simple information.
|
Aucune plainte, aucune preuve de maladie. |
100 % |
|
Apte à mener une activité normale : signes ou symptômes mineurs de maladie. |
90 % |
|
quelques signes ou symptômes de maladie. Activité normale à l'effort. |
80 % |
|
Peut s'occuper de lui-même. Inapte à mener une activité normale ou un travail actif. |
70 % |
|
Nécessite une assistance occasionnelle mais peut assurer ses besoins personnels. |
60 % |
|
Nécessite une assistance conséquente et des soins médicaux fréquents. |
50 % |
|
Handicapé. Nécessite une assistance et des soins spécialisés. |
40 % |
|
Sévèrement handicapé. Indication d'hospitalisation bien que la mort ne soit pas imminente. |
30 % |
|
Très malade. Hospitalisation nécessaire. Nécessite des soins actifs de soutien. |
20 % |
|
Moribond. Processus fatal progressant rapidement. |
10 % |
|
Mort. |
0 |
|
indications
des AINS |
remarque |
indications des corticoïdes |
remarque |
|
dysménorrhées primitives |
supériorité par
rapport |
pseudopolyarthrite rhizomélique |
les corticoïdes à faible dose surclassent les AINS. |
|
douleurs postopératoires |
supériorité par
rapport |
polyarthrite rhumatoïde |
les corticoïdes à faible dose surclassent les AINS. |
|
arthrose symptomatique du genou ou de la hanche |
-
supériorité par
rapport -
après échec du paracétamol |
|
|
|
lombalgie commune |
-
supériorité par
rapport -
après échec du paracétamol |
|
|
|
migraine |
|
|
|
|
colique néphrétique |
|
|
|
|
spondylarthrites |
|
|
|
|
accès microcristallins |
les
AINS ont supplanté la colchicine |
|
|
Source : Bannwarth
B. Indications, bon usage et risques des AINS dans le
traitement de la douleur
- Pradines B. Douleur chez la personne âgée. XIèmes
actualités en pharmacovigilance. Dijon, 16 novembre 2007.
La
coexistence avec un des symptômes ou une des comorbidités suivantes est
retrouvée lors des troubles du comportement dans un étude limitée de 38 patients
âgés suivis en institution pendant 8 mois :
|
•Douleur |
32% |
|
•Chute |
21% |
|
•Déshydratation |
18% |
|
•
Fièvre |
16% |
|
•Infection
urinaire |
13% |
|
•
Infection respiratoire |
6% |
|
•Trouble
du transit |
6% |
|
•Rétention
urinaire |
3% |
|
•Prurit
intense |
3% |
|
•Bas
débit
cardiaque |
3% |
Commentaires
de l’auteur de ce site.
Cette
étude a le mérite de rechercher la coexistence des troubles du comportement avec
une pathologie somatique. Toutefois, il n’est pas possible d’établir un lien de
causalité définitif entre ces situations et le trouble du comportement. En
effet, la douleur est une phénomène fréquent, dont la prévalence est retrouvée
encore plus élevée dans la population générale en institution que dans cette
étude spécifique aux troubles du comportement. Malgré tout, ces résultats ont le
mérite de fort bien poser les problèmes rencontrés en pratique quotidienne. En
particulier, elle nous rappelle la nécessité, parfois fastidieuse car longue et
répétitive, de rechercher systématiquement une pathologie somatique à l’origine
des troubles du comportement.
Source :
Menecier-Ossia L, Musset E, Menecier P, Garnier-Carronnier S, Arezes C, Bernard B, Ploton L. Les troubles du comportement en institution. Une approche globale. Repères en Gériatrie • Octobre 2007 • vol. 9 • numéro 74
France Alzheimer :
Récente mise sur le marché en France de l'oxycodone injectable par voie IV et SC.
Avantages :
Inconvénients par rapport au chlorhydrate de morphine :
http://geriatrie-albi.com/Douleurevaluation.htm
Dans une mise à jour du 12 octobre 2007, je laissais entendre que l'oxymorphone, un des deux métabolites de l'oxycodone, était un métabolite inactif.
Ce n'est pas l'avis d'Ordonez Gallego (Ordonez Gallego et al, 2007) pour qui l'oxymorphone est un analgésique puissant alors que la noroxycodone est un analgésique faible.
Toutefois, les auteurs pensent que le métabolisme de l'oxycodone est davantage prévisible que celui de la morphine.
La prudence habituelle est de mise chez la personne âgée chez qui Chamberlain (Chamberlain et al, 2007) note une augmentation de 40 % des concentrations plasmatiques après administration orale.
Pour Ordonez Gallego, les effets secondaires habituels des opioïdes sont à redouter sous oxycodone : nausées, constipation et somnolence. Toutefois, les nausées, les hallucinations et le prurit seraient moins habituels sous oxycodone que sous morphine.
Sources :
Ordonez Gallego A, Gonzalez Baron M, Espinosa Arranz E. Oxycodone: a
pharmacological and clinical review. Clin Transl Oncol. 2007 May;9(5):298-307.
Review.
Chamberlin KW, Cottle M, Neville R, Tan J. Oral oxymorphone for
pain management. Ann Pharmacother. 2007 Jul;41(7):1144-52. Epub 2007 Jun 26.
Review.
Rappel : la classification des démences selon PAQUID est la suivante (source : http://www.isped.u-bordeaux2.fr/RECHERCHE/paquid/2004_Resultats_PAQUID.pdf)
|
|
démence très légère |
démence légère |
démence modérée |
démence sévère |
| MMSE |
24 à 30 |
19 à 23 |
10 à 18 |
0 à 9 |
Journée relative à la douleur à Dijon (France) le 16 novembre 2007 dont une intervention relative à la personne âgée.
Voir au format pdf.
Journée de Gérontologie le vendredi 7 décembre 2007 à Biarritz (France) dont une session relative à la douleur chez la personne âgée, en particulier lors des soins de plaies.
Voir en fichiers liés.
Inscriptions en ligne possible à l'adresse suivante :
Pour Jean (Jean, 2007) l'équivalence analgésique (équianalgésie) se situerait à 50 mg de tramadol oral pour 10 mg de morphine orale. Commentaire de l'auteur de ce site : l'équivalence analgésique du tramadol par rapport à la substance de référence est demeurée longtemps incertaine. De plus, le tramadol et la morphine ne s'adressent pas forcément aux mêmes douleurs car le tramadol possède, outre ses propriétés communes aux opioïdes, une action monoaminergique à visée neuropathique. Comme toujours dans le domaine des équivalences, il ne s'agit donc que d'un simple ordre d'idée.
Source : Jean A. Morphine et personnes âgées. La Revue de Gériatrie, Tome 32, N°7 SEPTEMBRE 2007, pp 501-7.
Dans une étude américaine menée en 2001, les auteurs
constatent que seulement 66 % des résidents de Soins de Longue Durée reçoivent
un laxatif lorsque des morphiniques leur sont
administrés.
Les auteurs concluent que la généralisation de la bonne
pratique de prescription simultanée de ces deux familles thérapeutiques n’est
pas encore achevée.
Source
Max EK, Hernandez JJ, Sturpe DA, Zuckerman
IH. Prophylaxis for opioid-induced constipation in elderly long-term care
residents a cross-sectional study of Medicare beneficiaries. Am J Geriatr
Pharmacother. 2007 Jun;5(2)129-36.
Une correspondante me fait remarquer que les recommandations de Limoges de 1999, relatives à l'utilisation de la morphine en rhumatologie, ne concernent que la morphine et non les autres morphiniques :
Critères de Beers
Les critères de Beers constituent une base de réflexion sur la prescription des médicaments chez la personne âgée. Nous listons ci-dessous les analgésiques contenus dans la version de 2002 issue de la publication de Fick (Fick et al, 2003) :
|
substance |
effets adverses possibles |
niveau de risque |
|
propoxyphène |
possède peu d'avantages sur le paracétamol en termes d'efficacité mais possède les effets secondaires des autres opioïdes. |
bas |
|
pentazocine (en France, anciennement commercialisée sous le nom de FORTAL*) |
possède beaucoup d'effets secondaires sur le SNC, en particulier confusion et hallucinations. De plus, possède des propriétés mixtes, agonistes et antagonistes. |
élevé |
|
mépéridine (en France, PETHIDINE RENAUDIN*, anciennement commercialisée sous le nom de DOLOSAL*) |
peu efficace par voie orale aux doses usuelles. Peut provoquer un état confusionnel et possède de nombreux inconvénients par rapport aux autres opioïdes. |
élevé |
Les morphiniques sont désormais autorisés, voire recommandés dans certaines situations de douleurs chroniques non cancéreuses. Les recommandations de Limoges (1999) permettent d'adopter une attitude rationnelle en rhumatologie.
Selon Klepstad
(Klepstad et al, 2005), les variabilités interindividuelles dans la
pharmacologie des opioïdes suggèrent que des prédispositions génétiques
influencent la réponse aux opioïdes. Interviendraient des gènes à plusieurs
niveaux : métabolisation de la morphine (gène UGT2B7), récepteurs µ (gène
OPRM1) et transport de la morphine (gène MDR1). De plus une variabilité dans la
dégradation des catécholamines (gène COMT) peut modifier l’efficacité de la
morphine par un mécanisme indirect empruntant un système non-opioïde.
Ces
considérations expliqueraient la part innée des variations interindividuelles
de l’efficacité des morphiniques.
Commentaire de
l’auteur de ce site : après les différences interindividuelles relatives à
la douleur elle-même, après les considérations pharmacocinétiques et les
interférences médicamenteuses, encore de bonnes raisons d’écouter nos patients
âgés sans préjuger de la validité de leur plainte, en particulier sur un
argument de dose de morphinique. De bonnes raisons aussi de manier les
morphiniques avec une attention soutenue.
Source :
Abstract dans
Medline de la publication suivante en norvégien : Klepstad P, Dale O,
Borchgrevink PC, Kaasa S, Skorpen F. [Genetic variation-- important for the
clinical effect of opioids?] Tidsskr Nor Laegeforen. 2005 Oct 6;125(19):2655-8.
Norwegian.
Toutefois, quand on consulte la publication citée (Kaiko et al), les variations génétiques du CYP2D6 permettent d'envisager des sujets plus ou moins bien soulagés par l'oxycodone car plus ou moins à même de transformer l'oxycodone en métabolite inactif : l'oxymorphone.
Par ailleurs, Madame Cismondo cite aussi la publication de Heiskanen (Heiskanen et al) mais sans préciser que l'analgésie n'a pas été testée dans l'étude évoquée. Il semble donc difficile de laisser entendre que le blocage du CYP2D6 par la quinidine n'aurait eu aucun effet clinique. Ceci est d'importance pratique dans l'éventualité du polymorphisme du CYP2D6.
En résumé, il demeure des incertitudes sur le métabolisme de l'oxycodone, du tramadol et de la codéine. Même la morphine concerne des métaboliseurs plus ou moins rapides. En sus des impératifs habituels (dénutrition, fonction rénale, fragilité du terrain), ceci doit nous rendre prudent dans l'initiation des opioïdes et même dans leur éventuelle rotation.
Sources :
Heiskanen T, Olkkola KT, Kalso E. Effects of blocking CYP2D6 on the
pharmacokinetics and pharmacodynamics of oxycodone. Clin Pharmacol Ther. 1998
Dec;64(6):603-11.
Kaiko RF, Benziger DP, Fitzmartin RD, Burke BE, Reder RF, Goldenheim PD. Pharmacokinetic-pharmacodynamic relationships of controlled-release oxycodone. Clin Pharmacol Ther. 1996 Jan;59(1):52-61.
Pour Jean (Jean, 2007) si l’on constate chez un sujet âgé
la réapparition d’une douleur intense après 8 heures d’un contrôle correct de la
douleur par une morphine de forme LP, il faudrait l’administrer toutes les 8
heures et non augmenter les doses toutes les 12 heures. On serait en présence de
patients “métaboliseurs rapides”, alors qu’il existerait des “métaboliseurs
lents”.
Pour cet auteur, il ne faut pas prescrire la morphine orale à libération prolongée plus souvent que toutes les 8 heures. Si une douleur réapparaît 4 heures après la prise de la substance, il faut augmenter la dose selon la modalité indiquée précédemment.
Source :
Jean A. Morphine et personnes âgées. La Revue de
Gériatrie, Tome 32, N°7 SEPTEMBRE 2007, pp 501-7.
A la suite des mises à jour concernant la possible inefficacité de la codéine, du tramadol et de l'oxycodone chez des patients présentant une variation génétique du CYP2D6, je vous communique ci-dessous la réaction du laboratoire MUNDIPHARMA (OXYNORM* et OXYCONTIN LP*) par la voix de Madame Sylvie Cismondo :
L'étude mentionnée
dans cet email concerne uniquement la codéine. Une possible extrapolation de ces
résultats aux autres opioïdes métabolisés par le Cytochrome P450 2D6 a été
suggérée mais n'a jamais été prouvée ou retrouvée en clinique à ce
jour.
L'oxycodone est
métabolisé par le foie en noroxycodone (par N-déméthylation grâce au CYP3A :
métabolite principal) et en oxymorphone par le CYP
2D6.
L’oxymorphone,
métabolite actif, est présent en faibles concentrations dans le plasma, et
représente moins de 10% des métabolites de l’oxycodone.
Bien qu’il ait été
suggéré que l'oxymorphone puisse participer en partie à l'activité analgésique
de l’oxycodone, sa contribution en clinique semble tout à fait
négligeable.
Dans une étude
évaluant la relation entre la pharmacocinétique et la pharmacodynamie de
l'oxycodone à libération prolongée, Kaiko et al. ont décrit une corrélation
entre les effets typiques des opioïdes observés et l'aire sous la courbe de
l'oxycodone. De plus, les patients pour lesquels la concentration en oxymorphone
était non détectable et la concentration en oxycodone élevée ont
significativement présenté une incidence plus élevée d'effets typiques des
opioïdes par rapport aux patients chez qui la concentration d'oxymorphone était
mesurable et qui avaient une concentration en oxycodone plus
faible.