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mise en ligne le 10 février 2002

mise à jour le 27 juin 2002

dernière mise à jour de forme le 19 août 2007

Pourquoi les services de Soins de Longue Durée français ne doivent pas disparaître

Introduction

Un risque existe de voir disparaître les services de Soins de Longue Durée en France. Ces services se fondraient dans l'ensemble des EHPAD (Établissements d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes). Bien qu'aucun décret n'ait encore modifié leur statut qui demeure sanitaire, une inquiétude légitime s'est emparée des divers intervenants devant une mesure préjudiciable aux personnes âgées malades. S'il apparaît souhaitable d'attribuer à chaque malade les moyens relevant de son niveau de dépendance, une erreur majeure consisterait à fondre les structures actuelles d'hébergement dans un ensemble indifférencié.

Définition

Ces services étaient précédemment dénommés "Longs Séjours". Selon la loi hospitalière du 2 août 1991 (Art. L. 711-2, alinéa 2), ils sont des "soins de longue durée, comportant un hébergement, à des personnes n'ayant pas leur autonomie de vie, dont l'état nécessite une surveillance médicale constante et des traitements d'entretien". Ces services sont considérés comme hospitaliers, donc relevant du secteur sanitaire. En pratique, les patients hospitalisés en soins de longue durée sont, comme l'écrit Pasquier-Naga (Pasquier-Naga et al. 2002), "non seulement très dépendants, mais également très malades et très lourds en terme de prise en charge médicale".

En pratique

En pratique, les personnes âgées de plus de 75 ans représentent l'essentiel de leur clientèle. Elles sont hébergées et soignées en Soins de Longue Durée car elles ne peuvent plus demeurer chez elles et ne trouvent plus de place dans une maison de retraite, même médicalisée. Cette situation est engendrée le plus souvent par la lourdeur des soins de base qui leur sont nécessaires ou bien du fait d'une pathologie chronique instable, d'une polypathologie ou encore d'une dépendance psychique importante. Ces patients restent à l'hôpital longtemps, plus d'un an en général, et souvent jusqu'à leur mort.

Ainsi, les services de Soins de Longue Durée sont une tentative de réponse à une situation multifactorielle :

- l'expansion démographique des personnes âgées de plus de 75 ans,

- la polypathologie fréquente au grand âge, en particulier lorsque les personnes âgées présentent un risque permanent de décompensation aiguë (David JP et al. 2002).

- les possibilités thérapeutiques limitées dans le domaine des maladies chroniques invalidantes telles que les maladies ostéoarticulaires dégénératives et surtout les démences,

- la dépendance pour les actes de la vie quotidienne,

- les difficultés du maintien à domicile, en foyer-logement ou en maison de retraite dans ce contexte.

Pour plus de détails, on se reportera à l'adresse suivante :

Les Services de Soins de Longue Durée (Longs Séjours) : structures, fonctionnement, problèmes

Ils ne doivent pas disparaître

Ils hébergent des patients polypathologiques qui trouveraient difficilement leur place en dehors d'une structure fortement médicalisée (David JP et al. 2002). En effet, environ 90% des services de Soins de Longue Durée font partie d'un Centre Hospitalier, ce qui leur garantit le plus souvent un plateau technique de proximité et une organisation adaptée à la pathologie grave : entre autres, les infirmières et les médecins sont habituellement présents à temps plein. La présence infirmière est généralement effectuée à temps complet, y compris pendant la nuit.

Les patients y cumulent une dépendance physique et psychique dans une proportion encore inédite en maison de retraite (voir les données à l'adresse citée ci-dessus).

Ainsi, il est difficile de partager l'opinion de Brunetière (Brunetière, 2001), qui affirme : "les maisons de retraite communes ... hébergent des résidents atteints de dépendances et de pathologies aussi lourdes que celles qu'on traite dans les services de soins de longue durée". L'auteur a toutefois la prudence d'ajouter : "seul leur nombre, ou leur proportion parmi l'ensemble des résidents de l'établissement diffère, parfois beaucoup, parfois peu." Mais il ajoute imprudemment :  "Il suffit de quelques visites pour s'en convaincre."

Nous lui conseillerons la courte lecture suivante à propos des dépendances psysiques et psychiques comparées entre SSLD et maisons de retraite :

http://www.sante.gouv.fr/drees/etude-resultat/er-pdf/er094.pdf

Les services de Soins de Longue Durée sont régulièrement sollicités par les maisons de retraite elles-mêmes car l'organisation des maisons de retraite, au-delà des moyens qui leur sont attribués, connaît des limites face à ces situations difficiles. Ils ont constitué, au fil du temps, des solides équipes qui savent assurer à ces malades une qualité de soins malgré l'absence quasi constante d'objectif de guérison (Moulias, 2002).

Conclusion

Croire qu'il est possible de disperser indûment les moyens de prise en charge des personnes âgées dépendantes serait une grave erreur, peut-être nécessaire pour comprendre enfin les enjeux actuels.

 


La réaction critique de Michel Cavey au texte de défense des SLD en France publié ci-dessus.

La réaction critique d'Anne Konrat au texte de défense des SLD en France publié ci-dessus.

Proposition de lettre à Madame la Ministre

La réaction critique d'Alain Duval au texte de défense des SLD en France

La position du SNGC le 23 mai 2002 à propos de la disparition des services de Soins de Longue Durée français

Disparition des services de Soins de Longue Durée français : un colloque mou pour une disparition rampante.

La position de Christophe Trivalle, gériatre parisien à propos de la disparition des services de Soins de Longue Durée français.


 

Bibliographie

Brunetière JR. Que voulons-nous faire ? Prospective des Etablissements d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes. La Revue de Gériatrie, Tome 26, supplément C au N°10 de décembre 2001, pp C5-C12.

David JP, Pasquiers-Naga F, Di Menza C. Les patients actuellement hospitalisés en soins de longue durée relèvent-ils du secteur sanitaire ? La Revue de Gériatrie, Tome 27, n°5, mai 2002.

Moulias R. Quel avenir pour les ex longs séjours ? Revue de Gériatrie, tome 27, n°5 mai 2002, p 311-12.

Pasquier-Naga F., David JP, Di Menza C. Description comparative des patients adressés en maison de retraite ou en soins de longue durée à l'issue d'une hospitalisation en soins de suite. La Revue de Gériatrie, Tome 27, N°1 janvier 2002, pp 53-56.


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